Le médiateur accuse Brussels Airport d’avoir réalisé des travaux à une piste sans permis
Le médiateur fédéral pour l’Aéronautique accuse mercredi Brussels Airport d’avoir mené, l’été dernier, des travaux sans aucun permis au bout de l’une des pistes de décollage et d’atterrissage. Philippe Touwaide annonce qu’il portera plainte auprès de la Région flamande et du parquet de Hal-Vilvorde pour cette infraction urbanistique.
Les griefs du médiateur concernent Brussels Airport Company (BAC), la société qui exploite l’aéroport de Bruxelles-National. Celle-ci lui a interdit d’accéder au site des travaux au mois d’août dernier, affirme-t-il. Il dénonce également l’absence de réponse à ses questions durant ce chantier “puisque BAC était occupé à effectuer des extensions illégales de la piste”.
Le renouvellement, autorisé, de la surface de la piste 25L (gauche) a été effectué à cette occasion. Mais, selon le médiateur, des travaux non autorisés ont eu lieu sur la plate-forme (turnpad) menant au seuil de cette même piste, où les avions peuvent faire demi-tour. Celle-ci a été élargie, sans aucun permis ni autorisation, “pour soi-disant se conformer aux dernières réglementations européennes (EASA). L’élargissement permettrait en effet aux plus grands avions de manœuvrer avec davantage de sécurité et en tournant sur eux-mêmes sans aide extérieure selon les explications peu convaincantes fournies par Brussels Airport Company”, développe Philippe Touwaide.
D’après lui, l’aéroport a finalement reconnu avoir effectué ces travaux sans aucune autorisation. Or, pointe le médiateur, cet élargissement du début de piste pourrait avoir un impact sur la répartition équitable actuelle des vols depuis les pistes 25 de Bruxelles-National et “pourrait entraîner un accroissement soudain des nuisances dans certaines communes”.
De son côté, Brussels Airport explique que, jusqu’en 2023, ce type d’adaptation des infrastructures sur le tarmac ne nécessitait pas de permis mais que, depuis lors, une obligation de permis s’applique lorsqu’une infiltration des eaux n’est pas possible sur place.
“En raison de la proximité immédiate de la piste, aucune infiltration n’est possible à cet endroit. Brussels Airport n’a pas introduit la demande de permis dans les délais en raison d’une mauvaise interprétation de la réglementation”, reconnait l’aéroport, qui ajoute avoir engagé toutes les démarches nécessaires afin de régulariser la situation et rechercher une solution en matière d’infiltration des eaux.
Belga