La compagnie aérienne Emirates recrute des pilotes belges : une preuve du “désert aéronautique en Belgique”, selon un expert
C’est l’une des plus grandes compagnies aériennes au monde, basée aux Émirats arabes unis. Pourtant, ce mardi matin, c’est à Bruxelles qu’avait lieu la session de recrutement de potentiels futurs pilotes. Avec quel objectif ?
■ Reportage d’Anaïs Corbin
Sur les 5000 pilotes Emirates, une centaine est belge. La compagnie souhaite embaucher 1500 pilotes supplémentaires et choisit aujourd’hui Bruxelles pour sa campagne de recrutement. “Il y a beaucoup de pilotes expérimentés à Bruxelles et autour. Cette région a de bonnes écoles et académies aéronautiques qui forment de jeunes pilotes qui peuvent ensuite venir chez nous”, explique Boyu Hu, recruteuse chez Emirates. La compagnie aérienne offre de nombreux avantages pour les pilotes, même si cela impose d’aller vivre à Dubaï.
Ce recrutement peut être une opportunité pour les jeunes pilotes belges qui font face à un manque de débouchés mais pour Waldo Cerdan, ancien pilote et spécialiste aéronautique, c’est aussi une preuve d’un sous-développement aéronautique en Belgique : “Il y a un pôle d’activité économique qui se déplace et la Belgique devient vraiment un désert aéronautique. Les pilotes se forment en Belgique puis finalement valorisent leur expérience ailleurs. C’est ce que j’appelle une économie du pauvre : on entretient un certain nombre d’emplois en Belgique, mais qui ne sont finalement que des emplois à faible valeur ajoutée.”