Jean Spinette estime que la Belgique est naïve face aux mafias qui sévissent : “Ce n’est pas du cinéma, c’est réel”
Jean Spinette était l’invité de Bonjour Bruxelles ce mardi matin. Il est encore revenu sur les différentes attaques armées et violentes dans sa commune de Saint-Gilles.
La semaine dernière, une explosion est survenue sur une façade du OKLM Chicha Lounge Bar, rue Théodore Verhaegen. Une nouvelle démonstration de force de la part des criminels dans cette commune qui vit parfois dans deux mondes parallèles. “C’est une merveilleuse commune avec un parcours d’artistes que l’on vient de terminer lors d’une très belle édition”, a commencé Jean Spinette, le bourgmestre socialiste de la commune. “Mais il y a aussi une campagne de vengeance et d’intimidation entre les différents réseaux de drogue. Au lieu de se tirer dessus sur les points de deal, ils inventent une nouvelle technique : ils utilisent des pétards qui sont plutôt des explosifs.”
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Ce n’est pas la première fois que ces explosions ont lieu dans la commune, où les faits inquiétants s’enchaînent depuis de nombreuses semaines. Des écoles avaient aussi été ciblées. “La violence touche les sommets et je suis très inquiet pour notre population”, reprend le bourgmestre de Saint-Gilles. Comment faire pour endiguer ce véritable fléau ? “Je ne suis pas le shérif de la ville et je ne souhaite pas non plus être le bouc émissaire d’un manque de vigilance.”
Pour lui, certains n’ont pas conscience de l’ampleur du phénomène. “On est encore très naïfs par rapport à ces organisations criminelles. Arrêtons de penser qu’il s’agit de la délinquance locale. On parle d’un problème beaucoup plus ancré dans nos sociétés.”
Le socialiste estime que les sujets et les acteurs sont nombreux. Du manque d’effectif policier au problème d’accueil, le problème est global et gangrène une large partie de nos sociétés. Pour le bourgmestre, la “lassitude est totale”. “Il faut comprendre que l’on fait face à de véritables mafias. Ce n’est pas du cinéma, c’est réel et cela a lieu à Bruxelles ici et maintenant.”
Une nouvelle fois, Jean Spinette demande donc davantage de moyens. “Ce n’est pas un bourgmestre, des agents de la paix et de quartier qui vont pouvoir mener à bien cette mission. On peut lutter contre les conséquences, mais il faut que les causes soient traitées au fond. Pour cela, j’en appelle au ministre de l’Intérieur et à celle de la Justice.”
- Une interview de Jean Spinette par Vanessa Lhuillier dans Bonjour Bruxelles