Dix chercheurs de l’ULB menacés de licenciement en raison d’une coupe de subsides
Dix chercheurs de l’institut de géographie de l’Université libre de Bruxelles (ULB) sont menacés d’un préavis de licenciement en raison de la réduction d’une série de financements régionaux, ont dénoncé mercredi des représentants de l’IGEAT (Institut de gestion de l’environnement et d’aménagement du territoire), soutenus par la CGSP Enseignement Recherche ULB, au cours d’une conférence de presse.
L’IGEAT est une unité de recherche de l’ULB, spécialisée dans l’analyse des enjeux territoriaux. Ses recherches se concentrent sur un vaste panel de problématiques sociétales bruxelloises, telles que le survol aérien, l’accès aux crèches ou aux piscines, les grilles de loyers, ou encore le chantier du métro 3.
À l’heure actuelle, dix chercheurs sur la vingtaine que compte l’institut se voient menacés d’un licenciement. “Il s’agit d’une conséquence de l’austérité budgétaire régionale, qui s’est traduite par la suspension du financement d’Innoviris (l’organisme public qui finance et soutient la recherche et l’innovation en Région de Bruxelles-Capitale, NDLR) pour tous les nouveaux projets qui auraient dû commencer en 2026”, explique Jean-Michel Decroly, professeur à l’IGEAT.
D’autres financements publics régionaux, en provenance, entre autres, de l’Institut bruxellois de Statistique et d’Analyse (Ibsa), de Bruxelles Logement et de Bruxelles Environnement, ont également été largement réduits, voire stoppés cette année.
Perte d’expertise
“L’Université essaie de mettre en place des filets temporaires de sécurité. Un soutien a été apporté via une mobilisation du fonds de la recherche pour essayer d’assurer la transition jusqu’à 2027”, poursuit Jean-Michel Decroly. Ce support ne pourra toutefois pas “sauver tout le monde à durée indéterminée”, ajoute-t-il. L’incertitude plane dès lors quant à la date de ces potentiels licenciements.
Les représentants de l’institut dénoncent en outre la perte d’expertise que pourraient entrainer ces suppressions de poste, de même que la concurrence à laquelle la recherche publique doit faire face avec les entreprises de consultance privées.
“Certains chercheurs et chercheuses menacés sont présents dans le service depuis 15, 20 voire 30 ans”, souligne Jean-Michel Decroly. “Comment, dans ce contexte, continuer à mener des politiques publiques qui s’appuient sur une connaissance consistante du terrain ? (…) La documentation indépendante et rigoureuse des enjeux sociaux, territoriaux et environnementaux à Bruxelles risque de dépérir, puisque les pouvoirs publics ne vont plus en assurer qu’au compte-gouttes le financement”, ajoute le professeur.
Belga – Photo : Belga