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D’Ieteren Automotive annonce une restructuration, près de 350 emplois menacés, “un choc” pour les travailleurs

03 septembre 2026 - 12h10

La direction de D’Ieteren Automotive a annoncé jeudi, lors d‘un conseil d‘entreprise, un “plan de transformation stratégique” pour s’adapter “aux mutations profondes du marché automobile et de la mobilité“. Le projet de restructuration prévoit la fermeture de certains sites, le regroupement de fonctions, la réorganisation d‘équipes et l’optimisation du réseau. Il pourrait entraîner la suppression de 344 emplois.

Jean-Paul Sellekaerts, permanent FGTB, et Denis Gorteman, CEO de D’Ieteren, au micro de Romuad La Morte

D’Ieteren Automotive explique que le secteur automobile belge fait face à une transformation structurelle “sans précédent” avec la décarbonation du parc automobile, l’évolution des usages de mobilité couplée à l’obligation du budget mobilité à partir de 2027, la digitalisation accélérée par l’intelligence artificielle et l’intensification de la concurrence mondiale. Ces éléments “créent un environnement radicalement nouveau“, qui s’inscrira dans la durée et s’ajoute au recul structurel observé depuis la pandémie.

La société considère donc qu’elle doit “adapter en profondeur” son organisation. “Certaines activités, fonctions et structures ne correspondent plus aux réalités futures du marché.” Elle dit vouloir passer d‘un modèle centré sur la vente du véhicule neuf à un modèle fondé sur la mobilité, les services et la relation client durable.

Elle assure toutefois que ce projet de restructuration n’aura pas d’impact sur la relation clientèle ni sur la continuité des activités des concessionnaires indépendants, qui assurent la commercialisation et les services après-vente des marques distribuées.

Les sept sites répartis dans le pays sont concernés, dont le centre de distribution de la rue du Mail à Bruxelles, un site historique. Mais d’autres sites, fraîchement ouverts en 2022 et 2024 en Flandre, sont également susceptibles d’être fermés.

La procédure légale d’information et de consultation des représentants du personnel dans le cadre de la loi Renault a débuté ce jeudi. Selon le dernier rapport annuel, D’Ieteren emploie 2.945 équivalents temps plein.

“un choc” pour les travailleurs

C’est “un choc pour les travailleurs et leurs familles“, réagit la FGTB Métal Bruxelles-Brabant et le SETCA BHV dans un communiqué. “Ceux-ci doivent aujourd’hui affronter un avenir incertain“, regrette quant à elle la CSC Metea.

Derrière les mots de “transformation stratégique, il y a 344 travailleurs, 344 emplois, des familles, des compétences et parfois des décennies d’expérience. Ce ne sont pas aux travailleurs de payer le prix des choix de la direction. Nous allons utiliser chaque étape de la procédure Renault pour obtenir des réponses et mettre toutes les alternatives sur la table“, explique Jean-Paul Sellekaerts, permanent syndical à la FGTB Métal Bruxelles-Brabant.
Nous entendons aujourd’hui que le marché change et qu’il faut s’adapter. Mais lorsqu’une entreprise continue à générer des centaines de millions d’euros de résultats, nous refusons que la première réponse consiste à supprimer des centaines d’emplois. On ne peut pas privatiser les bénéfices lorsque les affaires vont bien et faire supporter aux travailleurs le coût des transformations lorsque le marché ralentit“, réagissent encore les deux syndicats.
Pour Jean-Paul Sellekaerts et les syndicats, “la transition automobile, énergétique et numérique doit être une transition avec les travailleurs, pas contre eux. Si de nouveaux métiers apparaissent, alors il faut former et reconvertir. Si certaines activités diminuent, il faut développer les activités de demain. Si D’Ieteren veut réellement être un acteur de la mobilité du futur, il doit investir dans ses travailleurs et dans leurs compétences plutôt que considérer 344 emplois comme un coût dont il faudrait se débarrasser“.
Le syndicat chrétien partage le positionnement de son homologue socialiste et prévient: “On ne va pas rester spectateur! Nous ferons tout pour trouver des alternatives afin de maintenir ces emplois“, explique Jamal El Yakoubi – secrétaire syndical ACV-CSC METEA chargé du dossier.
La prochaine réunion entre syndicats et direction est prévue le 11 septembre prochain. Mais les deux parties ne se sont pas encore entendue sur un planning au-delà de cette échéance.

Belga