Budget bruxellois: à l’austérité dénoncée, la majorité dit préférer la maîtrise
Les partis de la majorité bruxelloise ont contesté vendredi la dénonciation, par diverses composantes de l’opposition, d’une cure d’austérité imposée par le gouvernement Dilliès, en soutenant le sens des responsabilités du nouvel exécutif à travers le projet de budget débattu en séance plénière.
Pour celle-ci, la ligne directrice du budget 2026 sur la table est de “faire mieux fonctionner l’appareil public bruxellois pour ne pas toucher à la poche des citoyens-contribuables de notre Région, avec en outre le développement de politiques ciblées pour leur qualité de vie”.
Pour l’élue libérale, ce budget corrige ce que certains ont trop longtemps fait: “fermer les yeux, empiler des dépenses de manière irréfléchie et déraisonnable, sans en mesurer les conséquences”. Ce n’est pas le budget idéal dont on rêve dans un monde enchanté, mais bien un exercice indispensable pour la population bruxelloise, maintient-elle. “Continuer comme avant serait tout simplement irresponsable”.
Le chef du groupe PS, Jamal Ikazban (PS) a lui aussi insisté sur l’“acte de responsabilité” posé par le gouvernement. “Gouverner, c’est choisir, assumer et trancher, c’est une succession de choix parfois impopulaires”. “Aucun ministre n’a dit que c’était magnifique”, a-t-il dit à l’attention des écologistes francophones et du PTB, en leur rappelant qu’ils étaient amenés à faire de même “dans les communes où ils sont aux commandes.”
Aux yeux du chef du groupe socialiste, la situation financière de la Région dicte une reprise en main pour pouvoir s’offrir des marges pour des politiques sociales. Le groupe PS voit dans le projet sur la table un équilibre entre finances et justice sociale.
De son côté, Elhadj Moussa Diallo (Les Engagés) a souligné qu’après 613 jours d’affaires courantes, “Bruxelles sort enfin d’une sorte d’apesanteur politique et budgétaire”. “A politique inchangée, la situation budgétaire était devenue insoutenable. Les douzièmes provisoires reportaient les déficits sans offrir de vision claire aux acteurs bruxellois. Aujourd’hui, grâce avec à l’accord de majorité, le budget initial 2026 amorce une trajectoire de retour à l’équilibre à l’horizon 2029”, s’est-il félicité. Pour les Engagés, c’est un premier pas indispensable pour restaurer la crédibilité financière et la capacité d’investissement pour Bruxelles quelque mois après avoir frôlé “un débranchement de la prise”.
Il a demandé si un cadre allait être mis en place pour prévoir des exceptions au moratoire sur les recrutements au sein de l’administration bruxelloise. M. Bex s’est également déclaré favorable à la réforme des amendes LEZ et à la mise en place d’un système transitoire permettant de limiter ces amendes à 350 euros par an. Pascal Smet (Vooruit) a demandé au gouvernement de réexaminer attentivement les réformes concernant hub.brussels et visit.brussels. Des réformes sont nécessaires, mais il faut tout de même conserver des moyens de fonctionnement suffisants, a déclaré M. Smet, qui, selon ses propres dires, n’a rien contre une fusion des deux entités.
Pour Benjamin Dalle (CD&V), le budget 2026 présente une feuille de route concrète, un parcours vers l’équilibre et des réformes qui démarrent enfin. “Les autorités bruxelloises se mettent au régime, mais continuent d’investir dans ce qui compte: la sécurité, la propreté, le bilinguisme et l’emploi”, a-t-il déclaré.
Belga