Assises Bruxelles : Onze mois de préparation pour assassiner Ardit Spahiu, selon le parquet fédéral

Le parquet fédéral estime que la préparation du projet d’assassinat d’Ardit Spahiu a commencé en décembre 2019, soit 11 mois avant que la victime ne soit tuée par balles à Molenbeek, le 27 novembre 2020.

“Mais attends qu’il achève d’abord ce sale pingouin !”, écrivait un utilisateur de Sky ECC. Selon le parquet fédéral, ce message a été envoyé depuis un pin, un numéro unique qui identifie chaque utilisateur sur le réseau Sky ECC, attribué à Mikael Qosja vers l’un des trois pins utilisés par Franc Gergely. Les deux hommes, de nationalité albanaise, sont accusés d’avoir commandité l’assassinat d’Ardit Spahiu. Le terme “pingouin” aurait servi à désigner la future victime.

Cet extrait de conversation décryptée, daté du 26 décembre 2019, est le premier élément qui relie, selon le parquet fédéral, les deux principaux accusés au projet criminel. L’organigramme criminel rédigé par le parquet, et présenté vendredi à l’audience, compte neuf individus. Les sept autres hommes sont accusés d’avoir participé à l’assassinat et à l’association de malfaiteurs formée dans ce but.

L’analyse des communications entre 29 pins Sky ECC, reliés aux neuf accusés, démontre, selon le parquet fédéral, que l’assassinat de Ardit Spahiu aurait été minutieusement préparé pendant 11 mois. Des “milliers de conversations”, des photos et des audios ont “mis en lumière les agissements d’une association de malfaiteurs” qui “dispose de moyens financiers extrêmement importants”, indique l’acte d’accusation lu vendredi devant la cour d’assises de Bruxelles par les deux procureures fédérales.
Les éléments des conversations Sky ECC décryptés par les enquêteurs ont dévoilé, toujours selon le parquet, les moyens utilisés par l’association de malfaiteurs pour préparer et commettre cet assassinat.

L’acte cite des balises GPS, des armes à feu, des véhicules volés, des appartements et des points de chute, des explosifs, des masques, l’utilisation de faux uniformes de police, l’utilisation d’informateurs et de contacts.

Une large section de l’acte d’accusation est consacrée aux extraits de conversation qui attesteraient de diverses tentatives d’assassinat sur la personne d’Ardit Spahiu entre décembre 2019 et le 27 novembre 2020, date à laquelle Ardit Spahiu a été abattu à Molenbeek.

La victime était alors installée sur le siège passager d’un VW Golf blanche. Selon plusieurs témoins cités dans l’acte, deux personnes cagoulées sont sorties d’une VW Golf noire et ont tiré en direction de la voiture blanche, puis sur Ardit Spahiu, une fois qu’il était sorti du véhicule. Les deux tireurs ont ensuite pris la fuite.

Ardit Spahiu est décédé sur place. Le médecin légiste a constaté sur le corps de la victime 18 plaies balistiques, majoritairement à l’arrière du corps (tête, dos, main).

La victime, un ressortissant albanais de 38 ans, se cachait en Belgique depuis 2019 par inquiétude pour sa sécurité en Albanie, où cinq meurtres ont été commis en 2018 et en 2019 sur des membres de sa famille. Ardit Spahiu suspectait le clan Copja, dont Franc Gergely fait partie, d’avoir commandité ces assassinats.

Belga

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