À Bozar, des regards africains se posent sur la vie des personnes noires

Comment les artistes noirs du monde entier ont-ils représenté la vie quotidienne et leurs expériences ces 100 dernières années? L’exposition “When We See Us – Un siècle de peinture figurative panafricaine” lève le voile dès vendredi à Bozar et jusqu’au 10 août à travers plus de 150 peintures, pour beaucoup inédites en Belgique. Loin des injustices subies par les hommes et femmes issus des territoires africains et leurs diasporas, le parcours met en lumière “le pouvoir de la joie”.

Conçue au musée d’art contemporain Zeitz MOCAA du Cap, l’exposition rassemble 155 œuvres, qui ont voyagé depuis le continent noir mais aussi l’Amérique, l’Europe et le Proche-Orient. Ces peintures sont nées du trait de 118 artistes, tous africains ou d’origine africaine, allant de l’Américain Jacob Lawrence (décédé en 2000) à l’Ivoirien Roméo Mivekannin (né en 1986) actuellement exposé au Louvre Lens, en passant par le Congolais Chéri Samba et la Britannique Lynette Yiadom-Boakye. “When We See Us” montre ainsi la multiplicité des regards que de nombreux artistes ont portés sur eux-mêmes, alors que la vie des Noirs n’a cessé d’être représentée par d’autres de manière biaisée.

Le parcours s’articule autour de six thèmes: le “Quotidien, “Repos”, “Triomphe et Émancipation”, “Sensualité”, “Spiritualité” pour finir dans la “Joie et Allégresse”. Pour chaque thématique, le public s’enfonce dans un paysage sonore composé spécifiquement pour l’occasion. Les œuvres se répondent sans lien chronologique ou lieu d’origine pour “amplifier les voix noires depuis des lieux et des époques éclatés”, a expliqué jeudi devant la presse Tandazani Dhlakama, l’une des deux commissaires de l’exposition.

Collages, fusain, huiles, encre, émail ou encore paillettes se mêlent pour, ici s’approprier la figure du nu allongé (un motif récurrent de l’histoire de l’art) ou, là, célébrer une spiritualité qui reste vivace malgré les stigmates de l’esclavage et du (néo-)colonialisme, a souligné la co-commissaire Koyo Kouoh. L’exposition se termine sur une immense ligne du temps et un coin lecture plein de ressources.

 

Belga

Partager l'article

06 février 2025 - 15h40
Modifié le 06 février 2025 - 15h45