Manifestation de travailleurs sans-papiers devant la station de métro Arts-Loi

Au lendemain de la journée des travailleurs migrants, plus d’une centaine de personnes selon la police sur place et jusqu’à 150 selon les organisateurs ont manifesté jeudi à partir de 13h00 au carrefour Arts-Loi, devant la station de métro qu’une douzaine de sans-papiers ont aidé à rénover.

C’est le syndicat chrétient (ACV-CSC) qui est à l’initiative de ce rassemblement, qui a été rallié par différents mouvements de sans-papiers, comme le collectif des Afghans. Banderoles et pancartes portaient des messages personnels et des revendications collectives du type “Je suis sans-papiers mais pas un criminel“, “Plus de la moitié de ma vie en Belgique et je suis toujours sans-papiers” ou “Après 10, 20, 25 ans sans papiers en Belgique, il est où le respect des lois et des droits humains?“. Différents slogans comme “On vit ici, on bosse ici, on reste ici, mais pas sans droits” ont été scandés par les manifestants.

Le syndicat souligne qu’à Bruxelles, avec le système de sous-traitance en cascade, des travailleurs sans-papiers se retrouvent à rénover des infrastructures publiques. “Des travailleurs sans-papiers exploités se retrouvent à la merci de patrons abuseurs, corvéables à souhait“, remarque Eva Jimenez, représentante syndicale ACV-CSC. “Pour que la fraude fiscale et sociale des patrons puisse être sanctionnée, il faut que les travailleurs exploités puissent porter plainte. Or, aujourd’hui, ils ne bénéficient d’aucune protection durant la durée de la procédure. Pourtant, la directive Sanction dans son article 13, alinéa 4, prévoit cette protection durant toute la durée de la procédure et prévoit de leur donner un titre de séjour.

L’ACV-CSC défend que la régularisation pourrait rapporter 58 millions d’euros par mois à la sécurité sociale. Les hommes travaillent le plus souvent dans la construction ou les entrepôts et les femmes sont plutôt confinées dans le travail domestique. Le syndicat défend qu’ils pourraient répondre en partie à la problématique des métiers en pénurie.

Belga 

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19 décembre 2019 - 16h38