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“La violence est uniquement le symptôme”: Ine Van Wymersch, commissaire nationale aux drogues, appelle à s’attaquer au trafic dans son ensemble

Ce mardi, on dénombrait 65 fusillades en Région bruxelloise depuis le début de l’année, soit autant que toute l’année dernière. Ces quatre derniers jours, six fusillades ont été recensées à Anderlecht, Saint-Gilles et Molenbeek; trois blessé, un commissariat visé, une balle perdue dans une habitation, des coups de feu à 21h40 devant les clients d’une pizzeria. Comment enrayer le phénomène, et ces fusillades qui secouent la capitale jour après jour? Ine Van Wymersch, commissaire nationale aux drogues depuis février 2023, est l’invitée du 18h.

Au micro de BX1, le bourgmestre de Saint-Gilles a appelé dimanche à “prendre la mesure de danger” et demandé “les mêmes moyens que ceux accordés à Anvers“. Invité ce mardi dans Bruxelles Breakfast, la nouvelle matinale de BX1, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) a tenu à défendre son action. De manière générale, les autorités locales dénoncent un manque d’investissement du fédéral à Bruxelles, ce dernier critique la gestion de ces dernières années au niveau local et régional.

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Pour Ine Van Wymersch, commissaire nationale aux drogues, la situation reste préoccupante, mais la réponse ne peut pas se limiter aux fusillades. “La situation est grave et je comprends tout à fait l’inquiétude des riverains de rétablir la sécurité. C’est une demande claire et légitime mais notre ambition doit aller plus loin. Ce n’est pas uniquement réduire le nombre de fusillades, il faut vraiment s’attaquer au système vaste qui se trouve derrière. La violence est uniquement le symptôme de tout ce qui se trouve derrière.”

“Il n’y a pas de solution miracle”

Un an et demi après la fusillade de Clémenceau, qui avait fortement marqué l’opinion publique, la commissaire nationale aux drogues estime que certains quartiers ont néanmoins évolué: “Différents quartiers ont obtenu une “haute attention” des partenaires concernés, et on voit clairement que là où on travaille sur le “clear”, c’est-à-dire nettoyer le quartier, remettre l’ordre et la sécurité, mais aussi investir dans cette nouvelle situation et recréer la société, la vie de quartier,… C’est quand on travaille sur ces 3 axes-là sur une longue période qu’on obtient des résultats. Des résultats fragiles parce qu’il faut rester vigilant, le travail n’est jamais fini. Mais il y a certains quartiers où on commence vraiment à voir les fruits de cette politique structurelle.”

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Pour elle, les autorités doivent donc agir sur plusieurs fronts à la fois. “Il n’y a pas de solution miracle malheureusement. Il faut une réponse directe et ferme suite à ces fusillades, mais à côté de ça, il faut travailler sur les structures. Éviter que les organisations criminelles aient des revenus tels qu’ils les ont aujourd’hui, c’est aussi fermer le robinet. Faire en sorte que la marchandise qu’ils vendent n’arrive pas jusque dans les rues mais ce n’est pas uniquement avec la répression qu’on va arriver à changer la donne. Il faut en même temps investir dans les politiques de propreté, de pauvreté, d’enseignement,… Ce sont des acteurs multiples dans divers domaines qui doivent réaliser qu’ils ont un rôle à jouer dans la lutte contre la criminalité organisée.”

■Une interview de Ine Van Wymersch au micro de Arnaud Bruckner dans le 18H