Fusillades: les Engagés réclament un plan d’action pour la zone Midi
Face aux tensions qui se multiplient dans le sud de la capitale, le parti centriste veut accélérer la réponse des autorités. Il met notamment sur la table un calendrier précis et davantage de moyens pour les services concernés.
Les Engagés Bruxelles et leurs sections d’Anderlecht, de Forest et de Saint-Gilles réclament un plan d’action pour la zone Midi, ainsi que des renforts pour les enquêteurs et la justice, indiquent-ils mardi, dans un communiqué diffusé après la série de coups de feu enregistrés dans la capitale ces derniers jours. “Bruxelles n’est pas une ville perdue et ses quartiers ne sont pas des territoires ennemis. Une habitante ne devrait jamais craindre de recevoir une balle dans sa chambre, des enfants ne devraient jamais devoir se coucher au sol dans une pizzeria et un commissariat ne devrait jamais devenir une cible. On n’est pas dans un jeu vidéo, nous ne pouvons pas nous habituer à l’inacceptable. Nous ne demandons ni panique, ni posture martiale, ni coup de com’ des partis politiques. Nous demandons en revanche de passer de réactions successives à une stratégie cohérente, pilotée et évaluée”, déclare Victor Wiard, président des Engagés Bruxelles.
“Réunir la Chambre est utile. Se rendre sur place est nécessaire. Mais une réunion doit produire des décisions, une visite doit déboucher sur des engagements et ces engagements doivent être suivis de résultats. Les Bruxellois n’attendent pas une nouvelle bataille de communication entre le PS et le MR : ils attendent que toute la chaîne publique se mette enfin à fonctionner”, ajoute Stéphane Peycker, conseiller communal à Forest.
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À court terme, Les Engagés réclament quatre actions. Ils demandent tout d’abord au ministre-président Boris Dilliès de réunir dans les sept jours un Conseil régional de sécurité élargi. Cette réunion doit déboucher sur un plan opérationnel de 90 jours pour Anderlecht, Forest et Saint-Gilles, avec des objectifs précis et une évaluation après 30, 60 et 90 jours. Ils soutiennent ensuite la demande d’affecter 80 enquêteurs supplémentaires à la police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles et réclament un calendrier précis pour remplir les cadres policiers et judiciaires actuellement incomplets. Troisièmement, ils appellent à créer une task force “contre l’argent criminel”, afin d’identifier plus rapidement les commerces de façade, les circuits de blanchiment, les véhicules, les biens immobiliers et les avoirs utilisés par les réseaux. Enfin, les centristes veulent “réexaminer les coupes dans la prévention'”.
À moyen terme, Les Engagés appellent à la mise en œuvre du “Fonds narcotrafic” fédéral, tel que formulé dans une proposition de loi déposée au printemps dernier à la Chambre. Celle-ci n’a pas encore été débattue en commission. “Nous ne promettons pas que le narcotrafic disparaîtra en une semaine. Nous affirmons qu’il peut être méthodiquement affaibli si toute la chaîne publique fonctionne enfin ensemble. Chaque réseau démantelé, chaque arme retirée de la circulation, chaque euro confisqué et chaque jeune soustrait au recrutement constitue un résultat concret. C’est ainsi, sans dramatisation mais sans faiblesse, que nous rendrons durablement l’espace public à tous les Bruxellois”, conclut Victor Wiard.
La rédaction avec Belga – Photo : Belga Image