Fin d’année perturbée, tronc commun: comment les écoles se préparent à accueillir les nouveaux élèves
La rentrée des classes, c’est dans cinq jours. Et elle s’annonce déjà un peu particulière avec, en secondaire, l’entrée en vigueur du Tronc commun et des deux heures de travail supplémentaires imposées aux enseignants. Un véritable casse-tête pour les directions, qui se préparent dans un climat social toujours incertain.
■ Reportage de Michel Geyer et Marjorie Fellinger
Ce n’est pas encore la rentrée, mais on travaille déjà dans cette classe de l’Athénée Royal Crommelynck à Woluwe-Saint-Pierre. Mission de ces jours-ci : établir les horaires des 80 enseignants de l’école. Et ce n’est pas une mince affaire. “C’est compliqué parce que l’on a certaines classes où l’on a plusieurs options“, témoigne un professeur horairiste.
Outre ces profs horairistes, le directeur veille au dernier préparatif. Parmi ses tâches récurrentes, rassurer les élèves et leurs parents. “Souvent, ceux qui posent le plus de questions, ce sont les parents”, confie Xavier Bogaerts. “Les élèves, on les voit parfois avec un peu d’appréhension, mais souvent beaucoup d’excitation aussi de rentrer dans ce nouveau monde. Et donc, les questions qui reviennent le plus, c’est combien il y aura-t-il d’élèves dans la classe ? Est-ce que mon enfant sera bien accompagné ? Est-ce qu’il y aura beaucoup de préparation ?”
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En effet, beaucoup de questions concernent les exigences de l’école. Ici, il y a eu peu de grèves en juin et certains élèves viennent d’ailleurs, alors maîtrisent-ils tous toutes les matières requises ? “En ce qui concerne d’éventuelles inquiétudes d’élèves qui viendraient d’écoles primaires qui ont été perturbées, de toute façon, ce que mes enseignants font, c’est qu’ils agissent en fonction du niveau de chaque élève“, rassure le directeur. “On fait ce qu’on appelle la différenciation pédagogique. Et donc, de toute façon, on les rassurera aussi en disant qu’on a des systèmes de remédiation, de renforcement.”
L’enjeu du tronc commun
Autre école, même ambiance de préparatif, avec là encore une pensée pour ceux qui vont découvrir les secondaires. L’enjeu 2026, c’est le fameux tronc commun. Il touche les premières et n’épargne pas les équipes pédagogiques. “Déjà, chez nous, on avait une première année différenciée pour les élèves qui avaient raté leur CEB. On la perd puisqu’elle n’existe plus. Du coup, on a ouvert une cinquième classe et on augmente un peu nos élèves. On va avoir dix élèves de plus en première. Donc ça, on va devoir gérer aussi”, explique Amandine Tuerlinckx, directrice à De l’Autre Côté de l’Ecole.
“Et puis, il y a plein de nouveaux cours : numérique, l’histoire géo qui se transforme en FHGES (Formation historique, géographique, économique et sociale), etc. Donc, il faut préparer les équipes. Et puis, tous ces élèves qui n’ont pas eu leur CEB, on va devoir les accompagner et organiser cet accompagnement avec des heures qu’on reçoit, mais on ne sait pas encore très bien comment on va les organiser. Et on n’a toujours pas accès au DAC, le dossier d’accompagnement de l’élève. Donc, on ne sait toujours pas exactement où sont leurs faiblesses à ces élèves-là“, ajoute la directrice.
Dans cette école, on s’est beaucoup mobilisés contre les réformes. On reste en colère, mais sans préparer de grève dure. L’équipe prend sur elle en attendant des jours meilleurs. “On est content d’être ici. On adore notre école. On adore ce qu’on y fait. Et donc, quand même beaucoup d’enthousiasme pour tout ce qui va se passer. Mais aujourd’hui, du stress pour la rentrée“, confie Amandine Tuerlinckx.
À partir de la semaine prochaine, quelques 900 000 élèves et 120 000 enseignants reprendront le chemin de l’école.
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