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Décès d’Otmane Souieh: les trois accusés sont reconnus coupables d’actes de torture

Mohammad Ahmadi, Norddin Mousati et Yassine Hourra sont coupables d’avoir commis des actes de torture sur Otmane Souieh qui ont entraîné sa mort sans intention de la donner, a jugé la cour d’assises de Bruxelles dans la nuit de mardi à mercredi.

Les trois accusés ont été reconnus coupables des faits, commis à Bruxelles “entre le 9 et le 12 août 2023”, en tant qu’auteurs ou coauteurs, selon l’arrêt rédigé par la cour d’assises après une longue journée de délibérations.

Le décès suspect d’Otmane Souieh, âgé de 32 ans, avait été constaté à l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles le 11 août 2023 à 04h11. Son corps présentait de nombreuses lésions infligées à l’aide d’un objet équivalent à un tournevis. Otmane Souieh est décédé d’une hémorragie interne généralisée découlant de ces violences.

Celles-ci sont imputables aux trois accusés “hors de tout doute raisonnable”, a décrété la cour d’assises, en s’appuyant principalement sur les témoignages entendus à l’audience et sur les images des caméras de surveillance du quartier Cureghem.

La thèse contradictoire des accusés “manque de toute crédibilité”, a estimé le jury. Durant leur procès, Mohammad Ahmadi (31 ans), Norddin Mousati (40 ans) et Yassine Hourra (32 ans) avaient déclaré s’être séparés dans la nuit du 10 au 11 août 2023, pour se retrouver par hasard vers 02h00, après qu’Otmane Souieh a subi une autre salve de coups. La première salve, saisie par les caméras de surveillance du centre de paris de la rue de Fiennes, incrimine cependant les trois accusés, indique en substance l’arrêt.

La cour d’assises a retenu la qualification de torture, soit un traitement inhumain délibéré qui provoque une douleur aiguë ou de très graves et cruelles souffrances, physiques ou mentales, plutôt que celle des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, soutenue par la défense.

Mohammad Ahmadi et Norddin Mousati ont “intimidé” la victime dès 17h15, le 10 août 2023, tandis que Yassine Hourra a participé à la localisation d’Otmane Souieh et à sa surveillance pendant le reste de la soirée, selon la vérité judiciaire prononcée dans la nuit par la cour d’assises de Bruxelles. Les trois hommes ont également “tous participé aux violences”, insiste l’arrêt. Ils étaient ensemble en journée devant l’établissement de paris sportifs et ils l’étaient également lorsqu’Otmane Souieh était “incapable de tenir debout”, à 02h13. Pendant plus de huit heures, la victime était sous “surveillance constante” et “ne pouvait échapper à ses agresseurs”, poursuit l’arrêt. Des témoins ont également rapporté les “gémissements de douleur” de la victime, la “peur sur son visage” et ses “difficultés à respirer”.

La cour d’assises de Bruxelles reprendra les débats mercredi à 09h00 pour déterminer les peines à infliger et d’éventuelles circonstances atténuantes à retenir pour les trois hommes qui ont soumis Otmane Souieh à la torture, jusqu’à entraîner sa mort sans intention de la donner.

Belga

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