
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Mission royale en terre inconnue
Le Roi Philippe a fait sa valise pour une nouvelle mission économique dans le but de faire rayonner les entreprises belges. Sauf que cette fois, pas besoin de prendre l’avion, le car suffit puisqu’il va passer une journée en Wallonie et une autre en Flandre. Le but de cette mission est de rapprocher les entreprises du nord et du sud. Mais attention, nous ne sommes pas dans la coopération au développement. Remarque, pour certains Flamands, cela va peut-être s’apparenter à un voyage en terre inconnue car, non, il n’y a pas que les Ardennes et Durbuy en Wallonie, il y a aussi le Brabant wallon avec Odoo et même le Hainaut avec la Sabca, pour l’aérospatiale, deux provinces remplies de Wallons qui travaillent et qui réussissent. Ils vont avoir un choc.
De l’autre côté, les entrepreneurs wallons s’entraînent depuis leur plus jeune âge pour tenter de commander à manger en néerlandais puisqu’ils ne seront pas dans un restaurant à la mer. Ils iront à Kortrijk, ou plutôt Courtrai, pour visiter Barco qui propose des solutions de projection pour le monde de l’événementiel. Et tout le monde dormira à Tubize, au centre d’entraînement des Diables rouges. Si on peut se réjouir de cette initiative royale qui a pour but de faire tomber les barrières, on peut aussi se demander comment il est possible que les entreprises du Nord comme du Sud du pays pensent d’abord à se développer chez les voisins qu’à l’intérieur du pays. Pourquoi est-il plus facile de faire du business avec la France qu’avec la Flandre ? Signer des partenariats entre Belges ne serait-il pas plus bénéfique pour le pays ?
Autre remarque, Bruxelles n’est pas invitée. La capitale n’aurait pas besoin de nouer des contacts rapprochés parce qu’elle en a déjà. Voilà l’excuse donnée par le palais. Bruxelles, c’est donc la seule élève de la classe qui n’est pas invitée à la fête de fin d’année sous prétexte qu’elle est trop populaire ? Cette excuse n’a jamais été entendue. En général, quand on n’invite pas quelqu’un, c’est soit parce qu’on ne l’aime pas, soit parce qu’on a un tout petit budget et qu’on doit choisir les participants, alors on invite ceux qu’on apprécie le plus. Les Bruxellois choisiront et, en attendant, ils se débrouilleront par eux-mêmes, comme très souvent.