Salles de consommation à moindre risque : ” Pourquoi mettre une salle de consommation en plein milieu d’une artère commerçante ou près d’une école ?”
La Région bruxelloise compte désormais deux salles de consommation à moindre risque sur son territoire. Après plusieurs mois de fonctionnement, quel est le bilan ? Qu’en pensent les riverains ? Eléments de réponse avec nos deux invités, Hosni Essaouiki, Président des commerçants de la place Liedts et Vice-Président de la régionale bruxelloise pour Les Engagés, et Kris Meurant, Directeur général adjoint de l’ASBL transit.
En décembre dernier, la deuxième salle de consommation à moindre risque de la Région a ouvert ses portes à Molenbeek. Objectif : améliorer la santé publique, mais aussi réduire les nuisances liées à l’usage de drogues dans l’espace public. Les personnes en errance sont accueillies en journée et dans ces espaces, la drogue peut être consommée dans un environnement encadré, et sous la supervision d’infirmiers et de travailleurs sociaux. Un accès aux douches, des espaces de repos, et un accompagnement vers un parcours de soins sont également offerts.
Gate, le tout premier dispositif de ce genre a été installé, en 2022, dans le quartier Lemonnier, autre secteur de la Région fortement touché par la consommation de drogue. Des expériences internationales montrent que ces dispositifs sont les plus efficaces lorsqu’ils sont implantés là où le problème est le plus présent. D’après Kris Meurant, “en 2024, 1.090 personnes ont fréquenté le centre. C’est énorme ! On ne se félicite pas de ce genre de chiffre car ça en dit long de la vulnérabilité d’une certaine partie de la population en Région bruxelloise.”
L’instauration de ces salles de consommation a suscité de nombreuses réactions. Une plainte avait d’ailleurs été déposé auprès du Conseil d’Etat qui avait décidé dans un premier temps de suspendre le projet à Molenbeek. Une décision qui avait provoqué la colère de certains riverains du quartier Ribeaucourt.
Hosni Essaouiki a un avis plutôt mitigé sur le sujet. Pour lui, l’emplacement de ces salles est notamment à revoir : ” Je suis beaucoup sur le terrain et je suis un peu le porte-parole des gens qui sont dans l’incompréhension. Pourquoi mettre une salle de consommation en plein milieu d’une artère commerçante ou près d’une école ? … On n’est pas contre les salles de consommation. Mais en fait au final, elles ne permettent pas de sortir de la dépendance ! ” Pour Kris Meurant, qui affirme comprendre l’inquiétude de certains riverains, l’emplacement de ces centres n’a pas été choisi au hasard. ” Il n’y a pas une salle de consommation dans le monde qui n’a pas été créé sur un lieu où la présence de consommateurs et de scènes de consommation n’étaient pas déjà existantes. Donc si l’on s’est établi du côté de Lemonnier, c’est que il y avait une scène qui était déjà criante. Du côté de Ribeaucourt, c’est malheureusement une scène de consommation historique dans Bruxelles. Le dispositif doit se créer là où il y a des consommateurs qui sont dans une situation problématique. On ne va pas importer une problématique liée à des nuisances supplémentaires.”