Pollution de l’air : le carrefour Barrière à Saint-Gilles dépasse largement les recommandations de l’OMS
Le carrefour de la Barrière, à Saint-Gilles, affiche des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) près de trois fois supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est ce qui ressort de mesures réalisées par l’asbl Les chercheurs d’air dans le quartier apaisé ParviS.
Entre juin 2023 et décembre 2025, l’association a analysé les concentrations moyennes mensuelles de NO2 en quinze points du quartier. Les résultats sont interpellants : en 2024, la concentration moyenne annuelle mesurée au carrefour Barrière atteignait 29,2 µg/m³.
En 2025, elle s’élevait encore à 28,1 µg/m³. À titre de comparaison, l’OMS recommande de ne pas dépasser une moyenne annuelle de 10 µg/m³, seuil au-delà duquel des “risques importants pour la santé” sont identifiés.
“Les rues autour de Barrière font partie des plus densément peuplées de la capitale. Il est donc prioritaire d’y réduire la pollution de l’air”, souligne Pierre Dornier, directeur de l’asbl Les chercheurs d’air. Selon lui, les aménagements visant à apaiser la circulation doivent être “maintenus et renforcés”, notamment via des mesures favorisant la mobilité active, les transports partagés et la végétalisation.
Plus largement, l’ensemble des points de mesure du quartier présentent des concentrations annuelles supérieures aux recommandations de l’OMS. Seule la rue Bréart enregistre, certains mois, des niveaux inférieurs au seuil de 10 µg/m³.
Appel à une LEZ plus ambitieuse
L’association plaide pour des mesures structurelles, à l’échelle régionale. “Plus de 70 % des ménages saint-gillois n’ont pas de voiture. Il est donc particulièrement injuste que l’air de ces personnes soit si pollué”, estime Pierre Dornier, qui appelle à une Zone de Basses-Émissions (LEZ) plus ambitieuse et à un plan de circulation renforcé.
Ces nouvelles données relancent le débat sur la qualité de l’air dans les quartiers bruxellois densément habités, où les enjeux sanitaires et de mobilité restent étroitement liés.
Rédaction