Protection des friches à Bruxelles : le moratoire n’a pas passé la rampe de la commission
La commission du développement territorial du Parlement bruxellois a rejeté lundi la proposition d’ordonnance des écologistes, amendée, visant l’instauration d’un moratoire sur toute construction dans neuf zones vertes. Etaient concernées le site Josaphat à Schaerbeek, le champ des cailles à Watermael-Boitsfort, le site Meylemeersch à Anderlecht ou encore le Donderberg à Laeken.
Le texte, qui avait fait l’objet de plusieurs propositions d’amendements – certains visant à ajouter une zone, d’autres à en retirer partiellement trois -, a notamment été recalé sur l’article 3, central, qui définissait précisément les zones concernées.
Cela s’est soldé par un vote à 7 contre 7 impliquant le rejet. Au terme de ce vote, la proposition d’ordonnance ne protégeait par conséquent plus aucun site du tout.
L’initiative, émanant des rangs écologistes, avait notamment reçu le soutien du MR en commission. Elle était contestée par l’association professionnelle des agents immobiliers (UPSI-BVS) et la fédération de la construction Embuild.
Au niveau du Parlement bruxellois, le PS, partisan du respect d’un équilibre entre le respect de la biodiversité et la recherche de solutions face à la crise du logement, figurait parmi ses principaux opposants, en l’état.
A l’issue du vote les plus déçus étaient Gaëtan Van Goidsenhoven (MR). “C’est une journée noire pour la nature en ville, ou ce qu’il en reste. Un marchandage de dernière minute – ndlr: e.a. sur les zones à préserver – a torpillé un compromis qui était en capacité de réunir une majorité”.
Pour John Pitseys (Ecolo) également, c’est une journée “à marquer d’une pierre noire pour ceux qui pensent que ces friches représentent un patrimoine pour les Bruxellois et c’est une victoire pour ceux qui pensent qu’il faut saucissonner ces zones” de haute valeur pour la biodiversité. Cela implique que le jugement du tribunal de première instance francophone de Bruxelles qui a condamné la Région de Bruxelles-Capitale à “prendre les mesures nécessaires pour suspendre l’urbanisation et l’imperméabilisation des sites et terrains non bâtis de plus de 0,5 hectare sur son territoire” reste d’application, ce jusqu’à l’adoption du nouveau Plan régional d’affectation du sol (PRAS).
Belga