
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Se baser sur les faits
Pour une fois, je viens presque avec une bonne nouvelle. Le taux de criminalité n’a pas augmenté à Bruxelles en 10 ans. Alors que la population a connu une hausse de 7 %, les faits, eux, stagnent aux alentours de 157.000 par an. Cela représente donc 131 faits pour 1000 habitants en 2024 contre 137,5 dix ans plus tôt.
Nous sommes bien d’accord, ce sont 131 faits de trop et il faut regarder leur nature également. Les infractions diminuent mais les assassinats ou tentatives d’homicide ont augmenté de 40 %. Ces faits sont surtout liés au trafic de drogue. Le nombre de dossiers pour trafic a augmenté de 33 %, preuve aussi que la police fait mieux son travail. Ce qui est intéressant, c’est que le sentiment d’insécurité, lui, ne fait que croître. Aujourd’hui, 19 % des Bruxellois se sentent souvent ou toujours en insécurité. Ce pourcentage varie selon les quartiers, mais rappelons malgré tout que 44 % des habitants se sentent toujours en sécurité près de chez eux.
Alors si nous prenons les faits et rien que les faits, oui ils sont plus graves et plus spectaculaires qu’avant, mais les autres infractions sont beaucoup moins nombreuses qu’avant. Ce sentiment d’insécurité est incontrôlable, enfin presque. Lorsque des responsables politiques ou des médias parlent tous les jours des faits divers les plus sordides, font leur campagne sur l’insécurité croissante, il ne faut pas s’étonner ensuite que les Bruxellois craignent pour leur sécurité et que les Wallons et les Flamands voient la capitale comme une zone de non-droit où on risque de se prendre une balle perdue à tout moment. Une bonne chose serait donc d’en revenir aux faits, aux chiffres et de tenter de rassurer, plutôt que d’inquiéter.