Kazakhgate : l’ex-procureur général de Bruxelles a le sentiment “d’avoir pu être floué”

20110119 - BRUSSELS, BELGIUM: General Prosecutor of Brussels appeal court, Marc de le Court, pictured during a session of the Special Chamber Commission on Sexual Abuse, at the federal parliament in Brussels, Wednesday 19 January 2011. BELGA PHOTO JULIEN WARNAND

L’ex-procureur général près la Cour d’appel de Bruxelles Marc de le Court a affirmé mercredi avoir eu “la très désagréable sensation d’avoir pu être floué ou laissé dans l’ignorance” dans le dossier Kazakhgate, dont il a appris l’existence a posteriori par la presse.

Le Parquet général de Bruxelles a conclu la transaction pénale élargie avec Patokh Chodiev et consorts. “Quand j’ai appris par la presse les éléments relatifs au Kazakhgate, j’ai été, mesdames et messieurs, totalement sidéré” et empli d’un “sentiment de frustration”, a-t-il indiqué devant la commission d’enquête Kazakhgate.

Aujourd’hui, M. de le Court reste avec “une question sans réponse: comment se fait-il qu’aucune personnalité publique, agent de l’Etat, fonctionnaire, service public n’a su ou deviné ce qui pourrait s’être tramé ?”.

Alors qu’Armand De Decker dit avoir eu un contact début 2011 avec le procureur général au sujet du de l’affaire Chodiev, Marc de le Court ne s’en souvient pas mais ne l’exclut pas. Il n’a en tout cas jamais suspecté ni un éventuel trafic d’influence ni l’intervention d’une puissance étrangère, telle que révélée par la presse sur base d’éléments d’enquête. “Si j’avais su que l’État français était mêlé à cette affaire, j’aurais fait des bonds de carpe”, a-t-il indiqué. “L’État français n’était pas partie au procès, pas partie civile. Dans une telle hypothèse, j’aurais immédiatement assailli les avocats de questions sur le contexte et si j’avais déduit une tentative d’ingérence dans le processus judiciaire décisionnel belge, soyez assurés que j’aurais adressé immédiatement par porteur un rapport à l’administrateur général de la Sûreté de l’État”, a-t-il ajouté.

En fonction des réponses, j’aurais aussi constitué un dossier pénal car je ne suis pas le confesseur, pas l’ami, pas le médecin de M. De Decker. Ma mission est de garantir l’ordre public en Belgique, pas à Paris ou Astana. J’aurais aussi annoncé que la piste de la transaction pénale élargie était terminée, c’était fini”, a-t-il assuré.  (Belga, photo Belga/Julien Warnand)

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05 juillet 2017 - 12h22