
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Une cellule de 9m² pour trois personnes et le Roi
Hier, le roi Philippe s’est rendu dans une prison. Alors je tiens tout de suite à préciser que ce n’était pas pour assister à un concert de Patrick Bruel, même si peut-être cela sera possible un jour, vu que l’homme est encore visé par trois plaintes supplémentaires, assez fondées visiblement pour lui avoir valu une garde à vue de 48h et une présentation devant un juge d’instruction ce mercredi et que le parquet réclame son incarcération. Mais revenons donc au roi Philippe qui n’est pas non plus allé prendre des conseils financiers auprès de Didier Reynders. Non, le Roi a visité la prison d’Anvers afin de se rendre compte des conditions de détention des prisonniers. Anvers, c’est un peu comme Saint-Gilles : une prison urbaine, vétuste et surpeuplée. Entre 200 et 300 personnes supplémentaires vivent entre ses murs. On peut imaginer les réactions du roi Philippe lors de cette visite. Il a dû s’étonner de voir que 9m² ce n’était pas la taille du placard dans lequel on range la moitié des sécateurs qui servent à l’entretien d’une des serres de Laeken, mais bien la superficie dans laquelle on peut faire cohabiter 4 personnes en tassant bien, mettre un lavabo, une toilette et même une petite table. Il aurait presque pu trouver cela astucieux si la réalité n’était pas si tragique.
Le Roi l’a dit : il écoute avec une très grande attention. Il vaut mieux effectivement tendre l’oreille vu que tout le monde parle ou hurle en même temps. Après, écouter c’est bien, entendre c’est mieux. Et là, on peut s’interroger sur l’utilité de cette visite. La Belgique a été condamnée à de maintes reprises pour les conditions de détention de ses prisonniers, mais rien ne change. Près de 800 détenus dorment à même le sol. À Saint-Gilles, on avait promis qu’il n’y aurait plus de prisonniers en 2024, grâce à l’ouverture de Haren. Deux ans plus tard, la prison est toujours en service et est toujours surpeuplée. On parle maintenant d’une fermeture pour 2035 au plus tard. Mais si on gère cela comme le chantier du RER, on peut tabler sur une fermeture en 2050. D’ici là, Patrick Bruel aura écrit 8 albums. En prison ou pas, telle est la question.