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L’humeur de Vanessa Lhuillier – Un camp de redressement pour quel apprentissage ?

Hier, Bruxelles a de nouveau été le terrain de jeu des jeunes et des professeurs venus pour protester contre les violences policières qui ont eu lieu lors de la dernière manifestation de jeudi. L’occasion aussi d’observer un fait aussi exceptionnel que le monstre du Loch Ness : le palais de justice sans les échafaudages devant sa façade principale. Certainement que quelques profs auraient bien aimé faire un cours d’histoire, mais ils n’étaient pas là pour cela. Direction donc le Mont des Arts en chanson. Tout se déroulait parfaitement jusqu’à 18h30 où quelques projectiles auraient été lancés sur les forces de l’ordre. Et là, avant de lancer du gaz lacrymogène et l’autopompe, les agents auraient aussi lancé des “sales petites putes”, des “sauvages” ou encore des “gauchiasses”, ainsi que des propos racistes. Peut-être que ces policiers auraient dû être plus assidus en cours pour élargir un peu leur vocabulaire, mais ce sont certainement les fumées des trottinettes et vélos brûlés un peu plus tôt par d’autres jeunes qui attaquent les neurones.

Pour ces délinquants, nos hommes politiques ont l’idée de créer des camps de redressement, des bootcamps comme on les appelle dans le monde anglo-saxon. Une bonne éducation bien virile faite par des militaires, voilà la solution radicale promue par les présidents de Vooruit, du MR et par le ministre de la Défense Théo Francken. Je suppose que dans ces camps, ils imaginent un réveil au son du clairon dès 5h du matin, une portion de porridge sans sucre mais ultraprotéinée pour pouvoir coller son zizi à la barre sans difficulté toute la matinée. Et si tu ne marches pas droit, que tu ne fais pas ton lit au carré et que tu ne gueules pas “oui chef, bien chef”, tu auras droit à 50 pompes dans la boue suivies de 200 tractions. Ça, c’est de l’éducation de bonhomme, qui va te les soumettre, ces petites frappes, ces racailles qui viennent des quartiers chauds. Et cela va certainement leur donner l’envie par la suite de s’investir dans la société. Mater les esprits rebelles, cela fonctionne. Regardez la Corée du Nord. Pas un cheveu ne dépasse. Et aux États-Unis, on compte encore combien de tueries de masse par an ? 17 en 2025. Les bootcamps étaient si peu utiles qu’ils ne sont plus promus. Mais visiblement, on préfère faire des effets d’annonce et proposer des mesures choc sur le court terme plutôt que d’investir dans l’éducation.

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