
L’humeur de Fanny Rochez – Le 4 juillet, tout un symbole
Demain, c’est le 4 juillet et que se passe-t-il le 4 juillet ? Non, ce n’est pas l’anniversaire d’une de mes filles cette fois. Ce sont enfin les vacances d’été pour les jeunes francophones, même si ça fait déjà quelques jours qu’ils le sont officieusement à cause des grèves. Quoi d’autre le 4 juillet ? Si je vous dis 4TH of July, ça vous fait penser au film avec Tom Cruise, bien sûr… Mais aussi à l’Independence Day. Le jour de l’indépendance des States. 250 ans cette année ! Comme si on n’était pas au courant, les murs des musées d’art et d’histoire au cinquantenaire s’en souviennent encore. Enfin, là, on ne sait pas si c’est à cause des feux d’artifice ou de la tempête, l’enquête nous le dira. Et donc, la patrie de Donald Trump fête son semi-quincentenaire… Vous connaissiez ce mot ? Moi non plus, la culture, c’est comme la sauce Dallas sur le hamburger, ça s’étale.
La Déclaration d’indépendance rédigée par Thomas Jefferson en 1776 repose sur le concept fondamental DU fameux “droit à la recherche du bonheur”. Après huit ans de guerre contre la Couronne britannique, les insurgés, épaulés militairement et financièrement par la France de Louis XVI, gagnent leur indépendance. C’est la fondation d’un pays sur base d’idées philosophiques inspirées des écrits de Rousseau ou de Montesquieu. C’est le fondement de ce que l’on appelle aujourd’hui le “rêve américain”. Pourtant, il y a un écart entre cette promesse et l’histoire, voire même l’actualité. Comment concilier l’affirmation que “tous les hommes sont créés égaux” avec les faits ? L’esclavage est « le péché originel des États-Unis », c’est ce qu’avait déclaré le président Joe Biden en 2022. Le massacre des nations amérindiennes et la spoliation de leurs terres en constituent l’autre volet. Ce n’est qu’en 1924 que le Congrès déclarera les Native Americans citoyens des États-Unis… En attendant, Donald Trump a mis sur pied un musée virtuel à la gloire des grandes figures du pays. Au centre de ce dispositif mémoriel, les « pères fondateurs », ramenés à la vie grâce à l’intelligence artificielle, relatent leurs vies et passent délibérément sous silence certaines réalités historiques.
Et nous, pendant ce temps -là, le monde entier se trouve aux États-Unis, enfin, c’est qui peuvent y rentrer. Nous sommes aux États-Unis, nous les Diables rouges en conquérants !!! Et pour ne pas bouder notre plaisir, on joue contre l’équipe américaine. Y a intérêt à gagner, ça va saigner, ce sera la nuit du 6 au 7, et heureusement, pour être en forme, les Diables auront la bonne excuse de ne pas devoir fêter le 4 juillet.