Rudi Vervoort: “Le projet de réaménagement de la rue de la Loi a souvent été mal interprété”

Plusieurs comités d’habitants ainsi que la Commission Royale des Monuments et des Sites ont exprimé au cours des derniers jours leurs inquiétudes sur les potentialités de constructions qu’offrira le PAD s’il est adopté définitivement.

Le projet de Plan d’Aménagement directeur (PAD) de la rue de la Loi et de ses abords, dans le quartier européen, est interprété parfois à tort comme un prétexte pour construire de nouvelles tours à Bruxelles, a affirmé mardi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. Pour M. Vervoort, le Rapport d’Incidences environnementales (RIE) qui accompagne le projet mis à l’enquête publique jusqu’au 5 décembre prochain “a souvent été mal interprété”. Plusieurs comités d’habitants ainsi que la Commission Royale des Monuments et des Sites ont exprimé au cours des derniers jours leurs inquiétudes sur les potentialités de constructions qu’offrira le PAD s’il est adopté définitivement.

Selon perspective.brussels, le centre d’expertise régional en matière de développement territorial de la Région-capitale, le PAD Loi approuvé en première lecture par le gouvernement bruxellois prévoit l’implantation de 185.000 m² de logements, trois hectares d’espaces publics, ainsi qu’un cadre important pour des équipements publics “locaux et métropolitains”. Ces nouvelles fonctions s’organiseront dans un cadre bâti recomposé “autour de bâtiments à l’emprise au sol limitée et aux gabarits variables dont certains élevés”.  Plusieurs comités d’habitants, mais aussi la Commission Royale des Monuments et des Sites s’inquiètent des conséquences possibles de la densification envisagée en terme de gabarits d’immeubles -certains évoquent jusqu’à 14 tours – dont cinq de 120 m et une pouvant s’élever à 155 m. Pour la CRMS, le PAD fait planer une menace sur “plusieurs paysages patrimoniaux remarquables” de la capitale.

Un réaménagement réfléchi depuis dix ans

Lundi, les cabinets du ministre-président Rudi Vervoort (PS) et du secrétaire d’Etat Pascal Smet (one.brussels) ont reçu des membres de plusieurs de ces comités. Selon le cabinet Vervoort, il a notamment été question du processus de consultation des riverains pour les grands projets; de la mixité bureau-logement-équipement introduite par le projet de PAD dans le quartier Loi, et notamment les logements sociaux à créer; de la garantie d’avoir suffisamment d’espaces verts, ou encore de la nouvelle forme urbaine et des performances environnementales. “Nous avons pu présenter lundi aux riverains, plusieurs éléments tirés du Rapport sur les Incidences Environnementales (RIE) et ainsi les rassurer sur leurs craintes portant sur la hauteur des tours, leurs ombres portées, la perte d’ensoleillement, la densité, les perspectives historiques ou encore le respect du patrimoine. Le RIE du PAD a souvent été mal interprété. Chaque projet fera, évidemment, l’objet d’une procédure de permis qui veillera au traitement des façades le plus léger possible en termes d’impact paysager”, a commenté le ministre-président Bruxellois.

Pour Rudi Vervoort, le quartier européen est vieillissant et pauvre sur le plan de la qualité urbanistique et de la mixité de fonctions. On y rencontre très peu de vie après 18h. Son espace public presqu’exclusivement consacré à l’automobile, empêche sa réelle appropriation par ses différents utilisateurs. Toujours d’après le ministre-président, la Région travaille à son réaménagement depuis dix ans. Le PAD a l’ambition de sortir de la conception de “rue couloir” qu’est actuellement la rue de la loi, et de “rehausser l’identité et l’image du quartier européen, partie intégrante de la Région”. Celle-ci “accorde une grande importance au patrimoine, sans souhaiter pour autant s’enfermer dans une logique qui dénierait le droit à des visions urbaines nouvelles. Je crois au dialogue constructif entre les différentes époques architecturales lorsqu’il est bien pensé”, a-t-il conclu.

Source/Photo: Belga

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26 novembre 2019 - 18h14