Procès des agents pénitentiaires de la prison de Forest: les avocats se sont arrêtés sur l’expédition dite “punitive”

Les avocats de la défense ont plaidé mercredi pour la deuxième journée consécutive dans le procès des 22 agents pénitentiaires de la prison de Forest qui doivent répondre de violences et de traitements inhumains et dégradants commis à l’égard de détenus en 2014 et 2015.

Parmi les plaidoiries du jour, celle de l’avocat Sven Mary, qui défendait notamment l’adjudant Jean-Marc T., était particulièrement attendue. Il s’est longuement arrêté sur l’expédition dite “punitive” d’avril 2014.

Pour l’incident initial dans les douches avec le plaignant, Me Mary a relevé de Jean-Marc T. était arrivé alors que le détenu était déjà maîtrisé.

Pour la fermeture du cachot en soirée, procédure qu’un directeur de la prison disait ne pas connaître, le conseil a noté que cette procédure est reprise sur toutes les fiches Cachot transmises à la direction. Me Mary décrédibilise ainsi la déclaration de ce directeur, sur laquelle se base le ministère public pour dire que la présence pour cette fermeture cachot du gardien Dany P., qui avait eu l’altercation dans les douches avec le détenu, n’était pas un choix par défaut, faute de personnel. Le directeur avait avancé qu’un autre gardien de l’équipe d’intervention s’était proposé sur le trajet. “Sans cette procédure, obligatoire, il n’est plus utile d’encore rendre une toute petite visite: ‘l’expédition punitive’ “, a défendu Me Mary en reprenant l’expression utilisée par le ministère public. “Cette préméditation, cette réflexion en groupe de partir de là où ils sont pour aller vers ce cachot, pour aller en découdre, n’est pas étayée par un élément objectif dans le cadre de ce dossier, que du contraire”.

Concernant les traitements inhumains et dégradants, l’avocat a pointé que des habits sont toujours à disposition des détenus dans le cachot et donc que le plaignant n’a pas dû rester quatre heures mouillé et en slip à l’isolement. “Ce Guantanomo Bay, où on l’a laissé quatre heures dans le froid et dans la peur, je veux bien mais alors je veux un élément de fait et il n’y en a pas”.

Belga

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24 janvier 2019 - 07h07