#M : La lutte pour le Droit des Femmes, un combat inter-générationnel

Vendredi 8 mars est la Journée Internationale des Droits des Femmes et pour la première fois ce sera aussi une grève générale des femmes. L’occasion pour Sabine Ringelheim de de faire le point avec ses invitées sur les raisons et objectifs de cette grève, d’ores et déjà historique. 

Pour Mathilde Retout, Chercheuse à l’ULB et membre du Collecti.e.f 8 mars, “Le mouvement est fortement inspiré du mouvement des Espagnols l’an dernier. Cela nous a donné beaucoup d’espoir et d’envie. On voulait donner de la visibilité à ce travail des femmes, qu’elles soient salariées ou domestiques, et donner un écho au message “Quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête””. “Ce n’est pas la première grève des femmes mais c’est peut-être la première grève féministe”, ajoute Valérie Lootvoet, Directrice de l’Université des femmes.

Pour Camille, comédienne et membre du collectif F(s), cette grève est un moment historique : “J’ai l’impression que l’on arrive à un moment historique, un moment où l’on se trouve à la fin d’un fonctionnement et que le système en place est en train de se casser la gueule. Il faut aujourd’hui penser à une ré-organisation“. Un rassemblement qui est de bonne augure pour Valérie Lootvoet : “C’est important de manifester en tant que groupe de femmes pour publiciser les questions du travail gratuit ainsi que du travail rémunéré dans de moins bonnes conditions que le travail égal d’un homme“.

Une situation qui est aussi valable dans le monde du sport, comme en témoigne Lola Mansour, judokate: “J’encourage totalement la démarche de demain. Le milieu sportif a un peu de retard par rapport aux autres secteurs, ne serait-ce qu’au niveau de la représentation des postes-clés au sein de la fédération. Nous sportifs avons un rôle à jouer au sein de la société et on a le devoir de s’engager“.

Pour Lucia Ruiz, de la Ligue des travailleurs domestiques, s’engager n’est pas toujours simple : “30 à 40 personnes composent la Ligue mais tout le monde ne pourra pas venir demain car les femmes sont obligées de travailler… Mais certaines nous rejoindront en cours de la marche. Nous demandons principalement la régularisation des sans-papiers ainsi que le droit de pouvoir porter plainte contre des patrons abusifs“. Valérie Lootvoet acquiesce: “Je pense qu’il y a des sujets qui sortent qui n’étaient pas audibles avant. Il est aussi important de contextualiser cette lutte des femmes et en fonction de la génération, le contexte est bien souvent différent“.

Elle poursuit: ” La question est de se penser comme une catégorie sociale à la fois homogène mais aussi hétérogène est une vraie nécessité. Il faut échanger et se parler pour voir comment faire un mouvement féministe fort. Dans ma génération, le féminisme était dans un creux. Aujourd’hui, on a des femmes de tous les milieux qui s’emparent de la problématique. Les choses bougent et je crois que les femmes comprennent que se solidariser est ce qui leur permet de bouger“.

Le collectif F(s) sera lui bien présent demain, comme l’explique Camille: “Il y a eu un appel à l’intérieur du groupe et demain un bloc sera présent à la manifestation à partir de 17h“. Quant à l’estimation du nombre de femmes qui devraient se mettre en grève, c’est très aléatoire, comme l’explique Mathilde Retout : “Pour nous, le fait que l’on parle de cette grève est déjà une première victoire. Maintenant, est-ce qu’on sera 5.000 ou 50.000 demain? Qui sait !” conclut-elle.

T.Dest

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07 mars 2019 - 19h34