Destexhe pose sa candidature pour tirer la liste MR aux régionales à Bruxelles

Le député bruxellois réagit ainsi à la proposition  du député-bourgmestre d’Etterbeek Vincent De Wolf.

Quelques heures après l’invitation du député-bourgmestre d’Etterbeek Vincent De Wolf à réorienter le MR vers un libéralisme plus social, après l’échec de dimanche à Bruxelles, le député bruxellois Alain Destexhe a fait acte de candidature pour tirer la liste du MR aux prochaines régionales dans la capitale. Pour celui-ci, le Mouvement Réformateur doit, au contraire, virer plus à droite pour sortir de l’ornière.

Dans le quotidien la Libre Belgique, Vincent De Wolf, chef de groupe MR au parlement, et chef de file de la liste libérale gagnante du scrutin à Etterbeek, avait estimé qu’en vue des élections régionales de 2019, sa formation devait redéfinir un programme “plus adapté aux réalités bruxelloises“. Pour lui, le MR doit s’imprégner davantage de libéralisme social et “laisser tomber l’axe Destexhe-Courtois“, clairement à droite.

La réplique de Destexhe

Si le MR ne se droitise pas, il deviendra non pertinent dans le débat politique et, comme d’autres, contribuera à la fin de la Belgique“, a répliqué Alain Destexhe via l’agence Belga.

D’élections communales aux enjeux locaux, certains s’empressent de tirer des conclusions pour les élections régionales, fédérales et européennes et revendiquent même fièrement une sensibilité de gauche. Alors que les défis européens, belges et bruxellois sont énormes, les mêmes les ramènent à des questions de proximité, voire de simple clientélisme politique… Oubliés les attentats du 22 mars. Oubliés les Bruxellois partis en Syrie. Oubliés le fondamentalisme islamiste et l’intégration ratée. Le système Moureaux triomphe à Molenbeek… Faisons comme s’il suffisait de se mettre en position de faire des accords avec ce PS là“, a clamé l’élu conservateur.

A ses yeux, dans toute l’Europe de formidables questions se posent sur la mondialisation, le commerce international, l’immigration, l’identité, l’avenir de la civilisation, le maintien de la prospérité, l’avenir du modèle social et de la planète. “Toute l’Europe est parcourue par de profondes lignes de fractures et les citoyens attendent des réponses: le débat autour de ces questions est inévitable en 2019“, a-t-il ajouté.

Bruxelles en déclin ?

Dans son analyse, M. Destexhe juge que Bruxelles est une région en déclin et que tous les indicateurs sont au rouge alors que des défis sont considérables: “déclin économique relatif, chute du revenu par habitant, pauvreté, mauvaise gestion, pléthore de structures publiques, lenteur administrative, pollution, immobilité, et last but not least: immigration non régulée et communautarisme“.

Les réponses à ces questions ne sont certainement pas de gauche. Si les réponses à la pauvreté, au chômage et au fondamentalisme musulman étaient de gauche, cela se saurait. Si le MR devient un parti de centre gauche de plus, il deviendra non pertinent dans le débat et ses électeurs, encore nombreux et dans l’attente d’une ligne claire, le fuiront, préférant l’original à la pale copie de circonstance. La fin de la Belgique en sera accélérée… J’appelle donc mon parti le MR à ne pas se tromper de débat et de positionnement dans la perspective de 2019. Je l’appelle à suivre l’exemple de la N-VA qui, partie de rien, est devenue en quelques années le premier parti politique du royaume, en affirmant sans complexe ses idées“, a-t-il conclu.

Belga

 

 

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18 octobre 2018 - 06h56
Modifié le 26 décembre 2018 - 14h08