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Des masques de protection “transparents” créés pour les sourds, malentendants et autistes

Pour permettre aux accompagnateurs de personnes victimes de problèmes d’audition ou de personnes autistes de mieux se faire comprendre, l’Institut royal des Sourds et Muets, à Woluwe-Saint-Pierre, réalise des masques de protection avec une partie transparente au niveau de la bouche.

Cette partie transparente est fabriquée grâce au plastique utilisé… sur les fardes en plastique, utilisées dans les écoles ou les bureaux. Grâce à ce masque, les personnes sourdes et malentendantes peuvent lire sur les lèvres et voir les expressions faciales de leurs interlocuteurs.

Wendy, qui réalise ces masques particuliers à l’Institut royal des Muets et Sourds, a trouvé le patron sur Internet qu’elle a ensuite réadapté. Ce nouveau patron a été validé par le comité d’experts belges sur le coronavirus, et va bientôt être diffusé sur le site faitesvotremasquebuccal.be pour permettre à chacun de réaliser un masque “transparent” chez soi.

L’accès aux soins, une priorité

« Le plus important c’est que des masques pareils soient distribués auprès du personnel médical notamment. Ça peut être très angoissant d’avoir le coronavirus et de ne pas pouvoir communiquer avec les médecins. Il faut que les personnes sourdes et malentendantes puissent lire sur leurs lèvres, mieux communiquer, et donc être mieux prises en charge » estime Marie-Florence Devalet, la directrice francophone de la Fédération francophone des sourds de Belgique. En attendant la multiplication de ces masques, différents services d’interprétation en langue des signes se sont adaptés et proposent leurs services à distance, grâce notamment à la visioconférence. Rien ne remplace cependant une discussion directe, surtout quand la technologie fait parfois des siennes.

L’information en temps de crise

Le port du masque buccal en cette période d’épidémie, c’est une réelle difficulté pour les personnes sourdes et malentendantes, mais ce n’est pas la seule. L’accès à l’information en est une autre. « La RTBF sous-titre ou traduit en langue des signes la plupart de ses émissions sur le coronavirus. D’autres médias ne sous-titrent absolument rien » déplore Marie-France Devalet.  Alors rapidement la Fédération francophone des sourds de Belgique a créé une page Facebook dédiée à l’évolution du covid-19 où sont partagés des articles, des vidéos sous-titrées ou traduites en langue des signes. Une plate-forme d’écoute de première ligne « surdi-écoute » a également été mise en place. Les conférences de presse du SPF santé sont elles toujours traduites en langue des signes, une première, et une victoire selon la FFSB. Certaines parties du site info-coronavirus.be ont été traduites « mais la FAQ n’est pas accessible par exemple » regrette Marie-Florence Devalet.

Le deconfinement : de nouveaux obstacles

Dans la stratégie de déconfinement, il y a le « contact tracing » : l’identification des malades du coronavirus et des personnes qu’ils ont rencontrées. Mais problème : tout devrait se passer… par téléphone. La FFSB demande donc que d’autres moyens de contacts soient déployés pour assurer la prise en compte des personnes sourdes et malentendantes.

Emilie Eickhoff

■ Reportage de Thomas Dufrane, Frédéric De Henau et Pierre Delmée.

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28 avril 2020 - 15h19
Modifié le 29 avril 2020 - 14h03