Le pape à Bangui demande aux Centrafricains de résister à la "peur de l'autre"

Le pape François, accueilli triomphalement dimanche à Bangui, a demandé aux Centrafricains de résister à “la peur de l’autre”, quelle que soit sa religion ou son ethnie, pour mettre fin aux violences intercommunautaires qui ont ensanglanté le pays depuis 2013. Porteur d’un message de paix et de réconciliation interreligieuse, François, dont la tournée l’avait auparavant mené au Kenya et en Ouganda, est arrivé dimanche à Bangui pour l’étape la plus risquée de sa tournée africaine.
Devant la présidente de transition Catherine Samba-Panza, le pape a invité les Centrafricains à éviter l’isolement communautaire: “il faut éviter la tentation de la peur de l’autre, de ce qui n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse”.
Il a délivré le même message dans un camp de déplacés à la paroisse du Saint-Sauveur, qui abrite 3.700 femmes et enfants, principalement chrétiens, déplacés par les violences.
Une immense joie se lisait sur les visages, et le pape a salué un à un des centaines d’enfants, en rang sur le sol de latérite au milieu de baraques et de tentes.
Auparavant, la présidente Samba-Panza avait demandé solennellement “pardon” pour “tout le mal” commis par les Centrafricains depuis 2013.
“Il revient aux filles et aux fils de ce pays de reconnaître leurs fautes et demander un pardon sincère que votre bénédiction transformera en un nouveau levain pour la reconstruction du pays”, a-t-elle dit au pape.
Le pape François doit ouvrir dans la soirée à la cathédrale de Bangui “une porte sainte” avant le “Jubilé de la miséricorde” qui s’ouvrira officiellement dans dix jours à Rome pour le monde entier.
Cette ouverture d’une porte au coeur de l’Afrique en proie aux conflits est pour lui le moment le plus important de sa visite à Bangui.
Les croyants peuvent faire un pèlerinage en traversant cette porte et obtenir ainsi la rémission de leurs péchés, selon la tradition catholique des Jubilés.