Le chef d'Europol presse les Etats membres à partager leurs informations

Les Etats membres doivent faire plus pour partager systématiquement leurs données avec Europol, a insisté jeudi le directeur de cet office européen qui coordonne l’échange de renseignements entre les polices nationales en Europe. Le directeur d’Europol était interrogé jeudi dans la foulée des attaques de Paris par les députés européens membres de la commission sur les libertés civiles. Rob Wainwright a d’emblée observé qu’en Europe “d’autres attentats sont probables”, s’agissant de la menace terroriste “la plus sérieuse depuis ces 10 dernières années”

Le directeur tire la sonnette d’alarme pour parvenir à “un vrai système d’échange d’informations et de renseignement”. “C’est tout à fait fondamental, cela fera la différence dans l’identification avant l’heure ou non d’attentats prévus.”

L’office européen n’a cessé ces dernières années de “motiver les autorités nationales” de partager les données anti-terroristes via Europol “de manière systématique, en tant qu’outil de prévention essentiel”, a affirmé le directeur. Si des améliorations ont été constatées ces dernières années, “nous n’avons pas encore atteint les niveaux souhaités”, a déploré M. Wainwright.

Surveillant les mouvements vers la Syrie et l’Irak, Europol a constaté 10.000 entrées des Etats membres sur des personnes suspectées d’être des combattants étrangers – un chiffre qui a doublé en un an. Sur cette liste, l’office européen dénombre 2.000 ‘foreign fighters’ confirmés, a déclaré M. Wainwright, soulignant que les autres pouvant aussi être des facilitateurs de la circulation. L’évaluation générale en Europe porte ce chiffre à 5.000, a encore précisé M. Wainwright.

Seuls cinq Etats membres fournissent près de la moitié des renseignements partagés, ce qui prouve “l’utilisation inégale de notre système par tous les Etats membres”, a déploré le directeur d’Europol. Il a souligné l’appui fourni actuellement par Europol aux autorités française pour recouper les informations avec les bases de données européennes. L’office européen a envoyé des agents détachés à Paris et à Bruxelles, a encore affirmé le directeur. Le partage de renseignements sera discuté entre autres par les ministres européens des Affaires intérieures vendredi à Bruxelles.