Lukas Mondele : du béton bruxellois aux pelouses borines
De l’ombre à la lumière, du doute au sourire retrouvé : la trajectoire du Bruxellois Lukas Mondele ressemble aujourd’hui à une véritable renaissance. À seulement 21 ans, le milieu défensif des Francs Borains s’est offert second souffle, en D1B.
Comme beaucoup de jeunes passionnés, c’est sur le synthétique de son quartier d’enfance, trop foulé que pour être pratiquable, que Lukas a commencé à taper dans la balle. Entre les parties improvisées avec les copains et les entraînements avec le club régional de Watermael-Boitsfort, il s’est vite rendu compte qu’il avait “un truc en plus”. Une maturité technique, une vison de jeu et un physique déjà solide qui lui ont permis de s’imposer avec deux catégories au-dessus de son âge “Je jouais plusieurs matchs le weekend. D’abord avec la catégorie de mon âge puis j’enchainais souvent avec les plus âgés d’un an. Il m’arrivait même après d’enchainer un troisième match avec deux catégories au-dessus” confie-t-il mercredi.
Un talent qui ne passe pas inaperçu.
C’est vers ses 13 ans que Lukas remarque que ses facilités à manier le ballon peuvent s’affranchir des limites de son chez lui, comme il aime l’appeler. Très vite, il est repéré et quitte Bruxelles pour rejoindre le Sporting de Charleroi, un club de première division Belge.
Là-bas, il grandit vite, tant sur le plan sportif que personnel. Formé d’abord comme attaquant, il est progressivement repositionné au poste de milieu défensif. Un rôle dans lequel il s’impose avec un leadership naturel et qu’il ne quittera plus jamais. “Tout de suite, le staff a vu en moi un potentiel de meneur de jeu. Ils aimaient ma façon de porter l’équipe sur et en dehors du terrain.” Pendant deux saisons, Lukas s’épanouit chez les Zébriaux, où ses prestations suffisent à parler pour lui, jusqu’à ce que l’un des cadors du pays frappe à sa porte : le Club de Bruges.
Si les exigences y sont pointilleuses, le jeune Bruxellois se met rapidement au diapason. Dès sa première saison en U16, il s’impose comme un cadre de l’équipe. Ses passes décisives et ses incursions offensives confirment la confiance que les Blauw en Zwart ont placée en lui.nLa saison suivante, il sera surclassé en réserve. Une année charnière, tant pour lui que pour le club, puisque c’est aussi le lancement de la formation Next, en D1B.
Malgré un âge juvénile, Lukas défend fièrement les couleurs brugeoises, ce qui lui permet de franchir un nouveau cap : signer son premier contrat pro. “C’était la concrétisation d’années de travail. J’étais heureux mais je me suis très vite reconcentré sur mes objectifs”, se souvient-il.
Deux années ont coulé, le temps pour lui de gouter à la réalité du monde professionnel. Mais Lukas en veut plus et très vite les ambitions divergent. Bruges veut qu’il confirme encore chez les espoirs, lui vise déjà l’équipe première. Le mariage ne tient plus et un coup de fil plus tard, Lukas prend son envol pour l’Italie.
Il atterri à Modena, un club ambitieux de Série B, où il découvre pour la première fois les coulisses d’un noyau A. Un challenge de taille : il doit faire face à une nouvelle culture, une nouvelle langue et surtout un nouveau championnat. Un défi qui se ressent dans son adaptation. Si le jeune Boitsfortois parvient à séduire son entraîneur, la direction, elle, reste plus prudente. “Le coach voulait vraiment me faire jouer, mais il me disait qu’en haut, ils préféraient aligner tel ou tel joueur”.
Frustré de ne pas voir suffisamment le terrain, Lukas s’en va chercher du temps de jeu en prêt du côté de l’US Pergolettese, en série C. L’ancien Brugeois enchaîne les apparitions et reprend confiance mais le goût de la pelouse verte est de courte durée. Une pubalgie vient éteindre ce nouvel élan et le contraint à rester hors circuit pour le restant de la saison.
Privé de ballon, son moral vacille et le mal du pays se fait de plus en plus lourd. Après une seule saison, le natif de Bruxelles quitte l’Italie pour retrouver la Belgique et un championnat qu’il connaît bien.
Le retour aux sources
C’est chez les Francs Borains, en D1B, que Lukas a décidé de se relancer. Un choix payant puisque si la saison reste difficile collectivement – avec seulement six victoires arrachés en vingt-cinq rencontres – sur le plan personnel, Lukas renaît.
Ayant disputé près de 90% des matchs depuis le coup d’envoi de la saison, le Boitsfortois s’est imposé comme l’un des joueurs les plus sollicités de l’effectif borain. Ses qualités physiques et techniques font de lui le véritable métronome de l’équipe. S’il n’a pas encore pu ouvrir son compteur de buts, une chose est sûre, l’air frais du plat pays lui redonne des couleurs.
Maxime Verhaert -Photo Belga