Le brassard arc-en-ciel interdit lors de la Coupe du monde au Qatar : les Diables pris au piège

La Coupe du monde de football au Qatar enchaîne les polémiques : la FIFA a cette fois décidé de sanctionner tout membre d’une sélection qui porterait un brassard arc-en-ciel, considéré comme un message politique. La Belgique faisait partie des sélections qui comptaient porter ce petit bout d’arc-en-ciel.

Il s’agit d’un brassard avec un cœur aux couleurs arc-en-ciel et les termes « One Love », un message d’union et de soutien aux communautés LGBTQIA+. Ce petit bout de tissu, porté par le capitaine de l’équipe, avait déjà été porté par les membres de la sélection belge lors des derniers matches de la Ligue des Nations ainsi que lors du match amical contre l’Égypte, disputé au Koweït vendredi dernier. Et pourtant, ce brassard arc-en-ciel est aujourd’hui au cœur des débats.

Ce lundi, la FIFA a décidé que tout joueur ou membre du staff portant ce brassard sera sanctionné d’une amende ET d’une carte jaune. Quand on sait qu’au bout de deux cartes jaunes dans deux matches différents, on risque une suspension au match suivant, les joueurs, entraîneurs et autres membres du staff risquent de réfléchir à deux fois avant d’oser porter ce brassard.

« La FIFA savait ce qu’elle faisait en nous ayant fait lanterner depuis septembre. Elle nous a empêchés de préparer une possible contre-attaque », explique ainsi dans Le Soir Peter Bossaert, CEO de la fédération belge.

Les fédérations avaient déjà dit qu’elles étaient prêtes à payer les amendes en cas de sanction, mais quand la sanction devient sportive, il est difficile pour les joueurs et entraîneurs d’aller jusqu’au bout de leurs convictions au risque de mettre en péril leur parcours professionnel.

Certains estiment tout de même que cette interdiction mène à un effet Streisand : si on tente d’interdire quelque chose, on donne une caisse de résonance à cette chose particulière.

Sept sélections concernées

La Belgique, l’Angleterre, les Pays-Bas, le Danemark, l’Allemagne, la Suisse et le Pays de Galles ont annoncé dans un communiqué commun qu’ils renonçaient à ce brassard, vu l’ultimatum de la FIFA. L’entraîneur danois a confirmé que cette décision de la FIFA était controversée et méritait plus de considération. Mais il n’y a pas eu d’annonce d’une sélection qui portera le brassard malgré les sanctions.

Certains se demandent même si une équipe ne pourrait pas titulariser un remplaçant avec le brassard de capitaine avant de le remplacer par le capitaine titulaire. Mais là encore, cela signifie la perte d’un changement. L’impact reste donc lourd sur le plan sportif.

Cette décision n’empêche pas certains de faire passer un message : une journaliste de la BBC a ainsi porté ce brassard lors d’Angleterre-Iran et une commentatrice de la ZDF a porté un t-shirt et un brassard arc-en-ciel pendant ce même match.

Mais un journaliste de CBS a lui été interdit d’entrée avant le duel entre les États-Unis et le Pays de Galles car il portait un t-shirt aux couleurs arc-en-ciel. Sachez en outre qu’il y a à l’entrée de chaque stade un contrôle des drapeaux et vêtements pour vérifier que vous ne véhiculez pas de messages de soutien aux mouvements LGBTQIA+…

Deux maillots belges doivent être modifiés

La FIFA s’est également faite remarquer ce lundi en décidant de refuser… deux maillots de l’équipe belge ! Pour des raisons pour le moins surprenantes. Le deuxième jeu de maillots des Belges, aux couleurs bariolées du festival Tomorrowland et qui dévoile le mot « Love » dans son col, a été refusé par la FIFA. Il doit être modifié pour ces mêmes problèmes de message politique : le mot « Love » va donc être effacé du maillot.

Et selon le quotidien flamand Het Nieuwsblad, le maillot d’entraînement, encore plus coloré, a aussi été refusé par la FIFA, sans raison claire cette fois.

Ces décisions confirment en tout cas une chose : cette Coupe du monde semble bien celle du Qatar et non celle de la FIFA, qui se plie aux exigences d’un pays hôte qui prend bien plus de place qu’attendu…

https://twitter.com/amnestybe/status/1594731668887474176

■ Les explications de Grégory Ienco dans Le 12h30.

Photo : Belga/Virginie Lefour

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22 novembre 2022 - 14h55
Modifié le 22 novembre 2022 - 14h55