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7000 dossiers contre des mineurs en 2025: comment expliquer la délinquance juvénile à Bruxelles ?

Selon un bilan 2025 du parquet de Bruxelles, 7 166 mineurs ont fait l’objet de dossiers pour des infractions et 1 592 ont été mis à la disposition du parquet. Afin d’expliquer les facteurs de risque qui poussent un jeune mineur à la délinquance, Nadège Brassine, criminologue à l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC), et Jurgen De Landsheer, chef de corps à la zone de police midi, étaient les invités de ce vendredi soir dans Bonsoir Bruxelles. 

Parmi les causes de la délinquance, le décrochage scolaire apparaît comme un élément central pour le chef de corps de la zone de police midi. “C’est un très grand facteur”, souligne Jurgen De Landsheer. Celui-ci observe notamment une présence marquée de mineurs dans les réseaux de stupéfiants : “17 % des jeunes arrêtés comme dealers ont entre 13 et 17 ans”. Un phénomène que les bandes criminelles exploitent sciemment. “Ces groupes savent que les jeunes ne seront pas condamnés ou poursuivis comme des majeurs, donc ils les utilisent”. 

Le chef de corps décrit une mécanique bien rodée, dans laquelle s’entremêlent précarité et intimidation. “Souvent, ces jeunes sont menacés pour faire ce travail. L’argent rapide joue aussi un rôle important : ils gagnent entre 50 et 100 euros par jour au lieu d’aller à l’école”. Issus de milieux socio-économiques fragilisés, certains y voient une opportunité immédiate d’accéder à ce qu’ils n’ont pas. Mais cette entrée dans l’illégalité se paie cher. “Ils se retrouvent ensuite piégés, menacés pour continuer, et à la fin, ils commencent à tirer. Ils deviennent eux-mêmes victimes du petit succès qu’ils ont eu au début”. 

Pour Nadège Brassine, la délinquance juvénile ne peut se comprendre qu’à travers une combinaison de facteurs. “Il y a toute une série de facteurs à la fois socio-économiques et familiaux. C’est leur composition qui permet d’expliquer qu’à un moment donné, un jeune commette une infraction”.  

La criminologue rappelle le rôle crucial de la prévention et de l’aide à la jeunesse, tout en pointant leurs limites actuelles. “Ces services font le pari de la prévention, mais celle-ci est sous-financée et les services sont saturés”. Cette pression croissante sur les dispositifs d’accompagnement contribuerait à ce qu’elle qualifie d’”entonnoir” : “À un moment, il se rétrécit et on arrive à ce genre de faits”. Autrement dit, lorsque les filets de protection sociale cèdent, certains jeunes glissent vers la délinquance. 

Les données scientifiques invitent toutefois à nuancer le tableau. “Les études montrent, en particulier chez les adolescents, un pic de délinquance vers 16-17 ans”, explique Nadège Brassine. Dans la majorité des cas, ces comportements diminuent ensuite. “Pour la plupart des jeunes, cela s’estompe au début de l’âge adulte, vers 25-26 ans. Et donc, il ne reste qu’un petit nombre de jeunes qui vont continuer à s’inscrire dans une trajectoire délinquant” explique-t-elle. 

Entre constats policiers et analyses criminologiques, un point de convergence émerge pour nos deux invités. Sans investissements suffisants dans la prévention, l’école et l’accompagnement social, les chiffres risquent de continuer à refléter les failles d’un système qui peine à protéger les mineurs en danger.  

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 18h20 à 19h

■ Une interview de Nadège Brassine et Jurgen De Landsheer au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles

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