Malgré la mobilisation, un marronnier “coupé en chandelles” à Watermael-Boitsfort
La mobilisation de riverains n’aura pas suffi : le grand marronnier de l’avenue Georges Benoidt, à Watermael-Boitsfort a été abattu en partie, coupé en chandelles. Il a été jugé dangereux vu son état, attaqué par des champignons.
■ Reportage de Jean-Christophe Pesesse, Béatrice Broutout et Stéphanie Mira
Le marronnier, qui s’élevait hier encore à 18 mètres de haut, a été coupé en chandelles. Comprenez: le tronc mort est laissé sur pied, les branches en chandelles servant à favoriser la biodiversité. Ce sont des raisons sanitaires et de sécurité qui ont justifié l’opération. L’arbre centenaire est malade, attaqué par un champignon. Mais fallait il l’abattre pour autant ? “Des exemples existent dans d’autres pays et même dans d’autres villes européennes où, plutôt que tuer un arbre, abattre un arbre, on le maintient en vie , on le maintient en le soutenant, en l’élaguant. De façon souvent quand même assez drastique, ce qui peut entraîner sa mort, mais on fait avec lui et on l’accompagne“, selon Nolwenn Lécuyer, ingénieure agronome opposée à l’abattage.
Le marronnier était protégé, et implanté sur le site classé du Logis Floréal. La décision d’abattage a donc fait l’objet d’un rapport d’expertise et d’un accord de la Commission royale des monuments et sites. Selon ces spécialistes, il ne présentait plus des garanties de solidité suffisante. C’est la Région qui a délivré le permis et la commune estimait également qu’il n’y avait pas d’autre choix.
“On comprend totalement l’émotion. Je pense que tous ceux qui ont connu l’arbre à Watermael ont ressenti cette émotion. Cette décision n’a pas été prise de gaieté de cœur mais malheureusement, un arbre, c’est un sujet vivant et il faut qu’on évalue le danger qu’il représente aussi pour les habitants, pour la maison qui était voisine et pour les gens qui passent tous les jours en-dessous“, réagit Charlotte Collet, échevine de l’urbanisme à Watermael-Boitsfort (Anders).
L’arbre n’a toutefois pas été totalement abattu. Dans ces conditions, il va continuer à dépérir et ses défenseurs demandent à ce qu’il soit laissé en l’état. “Un arbre mort donne aussi la vie, voire donne encore plus la vie parce qu’il devient le support d’une biodiversité incroyable. Il devient le micro-habitat de chauves souris, d’oiseaux, d’insectes, mais aussi de bactéries aussi d’autres champignons”, insiste l’ingénieure agronome Nolwenn Lécuyer.
La décision n’a pas encore été prise. En principe, deux châtaigniers doivent être replantés sur cette parcelle.