Sophie Rohonyi veut renforcer le contrôle du patrimoine des personnalités politiques pour “déceler les soupçons de corruption”
Sophie Rohonyi, la présidente du DéFI, était l’invitée de 8h15 ce mardi matin dans Bonjour Bruxelles. Elle répondait aux questions de Fabrice Grosfilley.
Pour Sophie Rohonyi, la Belgique francophone a un problème de gouvernance. “On voit qu’au fil des années, on a des scandales politico-médiatiques qui ne cessent de se succéder. Notamment parce qu’on a des partis politiques qui feignent de s’indigner, qui feignent d’agir alors qu’ils n’agissent absolument pas pour modifier, en profondeur et de manière structurelle, les mécanismes qui ont rendu possibles ces scandales. Et ce qui me choque aussi, à côté de ça, c’est qu’on vit aujourd’hui une période où on a des politiques qui ne cessent de demander aux citoyens et aux travailleurs de faire des efforts, de participer aux efforts budgétaires et de respecter els règles. Ce débat, il est tout à fait légitime. Mais il n’aura de sens qu’à partir du moment où les politiques eux-mêmes s’appliqueront ces principes.” Et face au danger du populisme, DéFI propose à nouveau à l’ensemble des présidents de partis démocratiques francophones de cosigner sa Charte de la gouvernance et de la transparence.
> DéFI propose aux partis démocratiques de cosigner sa Charte de la gouvernance
Faire la lumière sur le patrimoine des politiques
Sophie Rohonyi plaide également pour faire la lumière sur le patrimoine et les comptes des personnalités politique. “Il faut être transparent. Il faut aussi pouvoir renforcer les pouvoirs de contrôle de la Cour des comptes pour pouvoir connaître les rémunérations mais aussi leur provenance. Là, nous avons été très clairs dans notre Charte.”
Cela signifie-t-il qu’il y aurait une déclaration de patrimoine pour les élus ? “On ne l’a pas précisé de manière telle. Mais l’idée est, en effet, de pouvoir renforcer la transparence et des fonds à disposition des élus. Et, surtout, de leur provenance pour pouvoir déceler certains soupçons de corruption.”
Pour la présidente du parti amarante, il y a encore trop d’opacité dans le financement de l’activité politique aujourd’hui en Belgique. “Il y en a. Moi ce que j’observe, c’est que la grande majorité des élus font leur travail de manière correcte, avec dévouement et exemplarité. Mais il y a encore, malheureusement, des personnes qui abusent du système. Et tant qu’il y aura ces failles, ils continueront d’abuser du système.”
Rédaction