Squat de la rue des Palais : Schaerbeek met en demeure le Fédéral

La bourgmestre de Schaerbeek, Cécile Jodogne (DéFI), en a appelé mercredi une nouvelle fois à une réaction rapide et concrète de tous les membres du gouvernement fédéral, pour résoudre la “situation catastrophique et inhumaine” liée à l’occupation du 48 de la rue des Palais par des sans papiers.

Vendredi 27 janvier, une nouvelle réunion est prévue au cabinet de Nicole De Moor. 

Par voie de communiqué, elle a “mis en demeure l’État fédéral de trouver au minimum 735 places de relogement d’urgence à destination des occupants en possession d’une annexe 26. Ces places devront permettre la mise en place du suivi sanitaire de ces personnes vulnérables et des mesures qui s’imposent en termes de quarantaine avant d’être intégrées au réseau classique“.

Mardi, le recensement des occupants du “Palais 48” a été réalisé par Fedasil et le Samusocial  : 732 des 784 personnes vues par les différents services sont bien des demandeurs d’asile.

Lire aussi : Squat de la rue des Palais : 784 personnes ont été enregistrées

Ce chiffre confirme les retours du hub humanitaire depuis le début de l’occupation indiquant qu’une écrasante majorité des occupants sont bien détenteurs de l’annexe 26 qui leur donne droit à un logement dans un centre Fedasil, contrairement à ce que la secrétaire d’État De Moor affirmait depuis des mois“, a souligné la bourgmestre de Schaerbeek.

Au vu de l’insécurité et de la multiplication d’événements à haut risque dans le bâtiment, comme l’incendie du 12 janvier, nous nous préparons depuis plusieurs jours à devoir réagir à une situation d’extrême urgence qui mette en danger l’intégrité physique des occupants du bâtiment, et donc à une nécessaire évacuation immédiate. Le rythme de relogement envisagé par Fedasil est de 25 personnes par jour, ce qui est bien trop lent. Vu les conditions de vie actuelles dans le bâtiment et la dégradation de la situation, il n’est pas exclu qu’une évacuation totale et planifiée du bâtiment doive être organisée entre temps. Nous gardons toujours à l’esprit la balance des risques et nous continuerons à le faire mais des solutions plus rapides doivent être mises en place, et c’est la responsabilité du gouvernement fédéral de s’y atteler“, a ajouté Cécile Jodogne.

Lire aussi : Crise de l’accueil: la clinique mobile de la Croix-Rouge devient un centre médical à Pachéco

Celle-ci a encore jugé “intolérable pour une bourgmestre de voir une telle situation d’inhumanité et d’indignité perdurer et s’aggraver sur sa commune, mettant de surcroît un quartier sens dessus dessous. Je déplore que la Secrétaire d’État ne réalise que maintenant, avec ce recensement, l’ampleur de la catastrophe. Nous n’allons pas attendre trois mois de plus que des solutions soient trouvées. L’État fédéral doit prouver par des actes qu’il n’est pas défaillant“, a-t-elle conclu.

 

■ Reportage de Jean-Christophe Pesesse, Loïc Bourlard et Apolline Feron

Avec Belga – Photo : BX1