Le choix du MR est “une gifle à la figure de centaines de milliers de Bruxellois, nous ne serons pas complices”
“Le MR a fait le choix partisan d’un gouvernement minoritaire francophone pour maintenir à tout prix son alliance avec la NV-A“, communique ce mardi le Bureau du PS bruxellois, “pour mettre en place une politique d’austérité et de casse sociale à Bruxelles comme ils la mènent au Gouvernement fédéral“. “Une gifle dont le PS ne sera pas complice”, selon le patron socialiste bruxellois. “Nous avons des principes, nous sommes cohérents et responsables“.
■ Reportage de Bryan Mommart, Frédéric De Henau et Corinne De Beul
Le MR a confirmé ce mardi matin qu’il va “travailler et mettre en œuvre la piste d’un gouvernement minoritaire“, sans le parti socialiste, face à la crise politique persistante en Région bruxelloise. “Le PS ne sera pas complice de la mise en œuvre d’une austérité aveugle et poursuivra son travail déterminé pour défendre l’autonomie et l’intégrité institutionnelle de la Région bruxelloise. S’il se trouve des partenaires pour réunir une majorité parlementaire sur la proposition du MR, dont acte“, réagit officiellement le parti ce mardi. “S’il échoue à réunir une majorité parlementaire, le MR devra se confronter à la réalité : son projet politique pour Bruxelles et ses méthodes n’ont pas le soutien d’une majorité de Bruxelloises et de Bruxellois.”
Et de répéter que “ce vendredi, lors des discussions budgétaires, le choix de l’Open VLD de quitter la table de la négociation pour remorquer à tout prix la NV-A au Gouvernement bruxellois est incompréhensible et irresponsable. Alors qu’il existe encore une large majorité autour du MR, du PS, des Engagés, de Groen, de Vooruit et du CD&V prêts à travailler dans l’intérêt de Bruxelles“.
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“Seul le PS a refusé”
Le MR avait annoncé lundi en fin de journée qu’il prendra, “dans les prochaines heures, des initiatives – sans le parti socialiste – pour élargir le soutien parlementaire”, face à la crise politique persistante en Région bruxelloise. Après l’annonce, en début de matinée, du refus de Frédéric De Gucht (Open Vld) de poursuivre les discussions à sept partis, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avait demandé vendredi à chaque parti de se prononcer sur une proposition visant à adjoindre un commissaire N-VA au potentiel gouvernement.
“Ce vendredi 28 mars, le Mouvement Réformateur avait soumis une proposition de compromis aux partenaires impliqués dans la formation d’un gouvernement bruxellois, visant à ce que la N-VA obtienne un poste de commissaire de gouvernement.Cette proposition visait à la fois à rencontrer la volonté du PS d’éviter que la N-VA puisse bloquer le fonctionnement du gouvernement tout en respectant le souhait du VLD de composer un gouvernement qui respecte l’accord flamand initial tel que présenté par Elke van den Brandt. Cette proposition a été acceptée par 5 des 6 partis autour de la table. Seul le PS a refusé“, a communiqué lundi le Mouvement Réformateur, à l’agence Belga.
“Nous actons l’incapacité des socialistes à accepter un compromis qui pourtant permettrait la mise en place d’un gouvernement bruxellois après dix mois de blocage et malgré la situation catastrophique au niveau socio-économique, sécuritaire, budgétaire et le risque majeur de perte d’autonomie de la Région“, a ajouté le Mouvement Réformateur.
Ce nouvel épisode de saga de la formation d’un gouvernement bruxellois fait notamment suite au précédent: l’annonce, vendredi en début de matinée, de Frédéric De Gucht, du refus de l’Open Vld de poursuivre les discussions à sept partis et la demande qui a suivi de M. Bouchez, à chaque parti de se prononcer sur une proposition visant à adjoindre un commissaire N-VA au potentiel gouvernement.
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