Selon Estelle Ceulemans, la loi de 96 a tout détraqué

Invitée sur le plateau de + d’Actu pour parler de la grève nationale de demain, mercredi 9 novembre, Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB Bruxelloise, est revenue sur l’une des problématiques salariales en Belgique, à savoir la loi de 1996 revue en 2017.

Pour Estelle Ceulemans, il est plus qu’urgent de revoir la loi de 1996, puisque le gouvernement Michel en 2017 l’a rendu contraignante et ne permet aucune négociation des salaires. “Les normes qui se dessinent pour les six prochaines années sont de zéro”. La secrétaire explique qu’il y aura des problèmes, même dans les secteurs qui font des bénéfices, comme dans la construction métallique, “l’année dernière, ce secteur, a redistribué environ trois milliards de dividendes à ses actionnaires”. Cependant, du côté des travailleurs, “Il n’y aura pas de possibilité, même dans les secteurs qui font de gros bénéfices, de négocier des augmentations qui sont pourtant plus que nécessaire“.

Du côté des organisations patronales, elles expliquent que sur l’indexation des salaires, cette dernière augmente en Belgique alors qu’à l’inverse, ce n’est pas le cas dans les autres pays voisins. Cette différence en matière d’indexation est un risque pour les organisations patronales, car cela pourrait accentuer les inégalités au niveau des compétitivités. Et pourtant, Estelle Ceulemans, précise que l’indexation n’est pas un risque pour la compétitivité et qu’il faut au contraire permettre des négociations d’augmentations des salaires. Elle rappelle que 2021 malgré le Covid a été une année record en matière de distribution des dividendes. “Et ça signifie que lorsqu’on empêche les salaires d’évoluer, lorsqu’on fixe une norme salariale, la précédente était à 0,4%, depuis la crise de 2008, les salaires n’ont eu la possibilité d’évoluer hors inflation que de 3%, alors que la richesse créée et l’évolution du PIB était de plus de 16%“. Ainsi pour la Secrétaire, la part de la richesse qui est créé ne va pas vers les travailleurs, car la loi de 1996 revue en 2017, la bloque vers les travailleurs, donc cela part vers les dividendes des actionnaireset pas vers une amélioration de la compétitivité“.

Le handicap salarial comparé aux pays voisins

Pour Estelle Ceulemans, si l’on souhaite calculer le fameux handicap salarial par rapport aux pays voisins, “il faut prendre en compte une série de choses qui ont été mises de côté. Notamment une défiscalisation des heures supplémentaires. Cette fameuse loi de 96 revue par le gouvernement Michel a détraqué aussi la comparaison possible avec les pays voisins“.

Retrouvez l’intégralité de l’interview d’Estelle Ceulemans

 Camille Paillaud / Une interview de Fabrice Grosfilley