LEZ : un pass annuel pour les véhicules trop polluants ?
Réuni en conclave, le gouvernement bruxellois est parvenu à un accord sur l’un des dossiers les plus sensibles de la législature : la réforme de la zone de basses émissions (LEZ). Le principe de la restriction des véhicules les plus polluants est maintenu, mais le dispositif sera assoupli.
La secrétaire d’État à l’Environnement, Ans Persoons, propose la mise en place d’un pass annuel de 350 euros permettant aux véhicules concernés de circuler dans la LEZ. Un tarif social de 200 euros est également prévu pour les bénéficiaires d’une intervention majorée (BIM), afin de tenir compte des difficultés financières de certains ménages.
Plusieurs catégories de personnes pourront en outre bénéficier de dérogations sans devoir acheter de pass. Celles-ci concernent notamment certains bénéficiaires BIM, ainsi que des professionnels disposant d’une carte de stationnement professionnelle, comme les prestataires de soins à domicile, les intervenants médicaux d’urgence, les pompiers ou encore certains artisans devant se déplacer à Bruxelles dans le cadre de leur activité.
L’opposition accueille toutefois ces changements avec réserve. Certains élus estiment que de nombreux citoyens n’auront toujours pas les moyens de remplacer rapidement leur véhicule. D’autres dénoncent un système devenu trop complexe, avec une multiplication des exceptions et des catégories d’exemption qui risquerait de nuire à sa lisibilité.
Le projet d’arrêté, adopté par le gouvernement bruxellois, doit désormais être soumis au Conseil d’État. Celui-ci examinera sa solidité juridique avant une éventuelle entrée en vigueur. À ce stade, le calendrier de mise en œuvre de la réforme reste inchangé.
■ Reportage de David Courier et Nicolas Scheenaerts