L’espace public doit-il devenir payant lors des événements privés lucratifs ? “Cela pourrait rapporter 2 millions”
Le conseil communal de la Ville de Bruxelles a validé lundi soir la désignation de Khalid Zian (PS-vooruit) au poste d’échevin des Travaux publics, quelque 17 mois après les élections.
L’opposition écologiste et TFA a dénoncé un manque de bonne gouvernance en cette période de difficultés budgétaires pour la commune. Le bourgmestre Philippe Close a souligné que ce faisant, dans un souci d’absorber une quantité de travail conséquente, la Ville fonctionnerait désormais encore avec un échevin de moins que sous la mandature précédente.
L’échevine Anaïs Maes qui perd la compétence des Travaux publics, reste compétente pour l’Urbanisme et l’Espace public, la Mobilité et l’Enseignement néerlandophone. L’échevine du Logement, Nawal Ben Hamou (PS), se voit également confier la compétence de la Culture. Selon le bourgmestre Philippe Close, le remaniement vise à renforcer l’efficacité de la Ville, notamment en raison du nombre de dossiers stratégiques dont il est lui-même chargé (fusion des zones de police, lutte contre la violence liée à la drogue et budget).
Mourad Maimouni (Team Fouad Ahidar) a déploré la dépense, selon lui, d’un million d’euros en plus qu’engendrera l’ajout d’un cabinet échevinal. Il a fait un lien entre cette dépense et l’économie produite par la décision de fermer la “Centrale” d’art contemporain. Il était l’invité de Bonjour Bruxelles ce mardi matin. “Je ne comprends pas l’intérêt”, a-t-il dit sur nos antennes. “Anaïs Maes etait en poste depuis plus d’un an et tout se passait très bien. Cela va couter environ un million par an jusqu’à la prochaine législative qui se déroulera en 2030. Ce qui fera donc près de 5 millions d’euros. Cela aurait pu servir à alléger la masse de travail des travailleurs communaux, dans l’enseignement, la propreté… Je pense qu’il y avait d’autres priorités.”
Occupation de la voie publique
Mourad Maimouni a aussi effectué une intervention remarquée à propos de l’occupation de la voie publique. Selon lui, cela doit être payant en cas d’événement privé. “Ce sont des recettes qui pourraient être effectuées pour les communes”, estime-t-il en comparant à d’autres événements. “Tomorrowland paye une redevance à la commune de Boom et les événements qui se déroulent à Gand, par exemple, payent une rétribution. Si je dois organiser un événement à l’ING Arena, je trouve normal d’avoir une redevance à payer. Ne pas payer, cela peut aussi créer une concurrence déloyale. Cela coûterait 1,50 euro le mètre carré, ce n’est pas grand-chose. Cela peut grimper jusqu’à 2 millions d’euros de l’espace public, en ajoutant des recettes liées à la billeterie.”
Il assure qu’en off, tout le monde est d’accord. Mais que des questions persistent malgré tout lorsque les micros sont ouverts. “Pourquoi cela serait illégal à Bruxelles et pas dans les autres villes ?”, s’interroge-t-il.
- Une interview de Mourad Maimouni par Vannessa Lhuillier dans Bonjour Bruxelles