Les légendaires Catalogues Samuel rejoignent les collections du Musée Magritte
Le Musée Magritte à Bruxelles enrichit ses collections permanentes avec deux acquisitions exceptionnelles : les célèbres Catalogues Samuel, conçus par René Magritte pour la maison de mode Samuel en 1926-1927 et 1928. Ces ouvrages rarissimes ont été offerts par Charly Herscovici, héritier des droits intellectuels de l’artiste.
Près d’un siècle après leur création, ces catalogues rejoignent ainsi l’une des plus importantes collections au monde consacrées au maître du surréalisme. “La valeur scientifique et symbolique de ces catalogues est inestimable, car ils représentent la préface de ce que Magritte va réaliser plus tard. Tous les musées du monde rêvent de les avoir dans leur collection, mais leur place est au Musée Magritte, ici, à Bruxelles”, explique Charly Herscovici.
Réalisés pour présenter les collections de manteaux de fourrure de la maison Samuel, ces catalogues témoignent des débuts de René Magritte dans le domaine de la publicité. “Ces deux pièces, centenaires mais conservées dans un état remarquable, éclairent une facette méconnue des débuts de Magritte. Comme nombre de ses contemporains, le jeune artiste s’est tourné vers la publicité pour subvenir à ses besoins — et ces catalogues en sont le témoignage le plus éloquent”, souligne Kim Oosterlinck, directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Le premier catalogue, pour la saison 1926-1927, dont les textes sont attribués à Camille Goemans, reprend les codes publicitaires de l’époque. Celui de 1928, conçu en collaboration avec Paul Nougé, marque un tournant en mêlant art, littérature et mode. Considéré comme une œuvre majeure du surréalisme belge, il dépasse largement sa vocation commerciale.
Les deux ouvrages sont d’une rareté exceptionnelle : le catalogue de 1926-1927 est un exemplaire unique au monde, tandis que celui de 1928 n’est connu qu’à trois exemplaires.
Présentés au troisième étage du Musée Magritte, place Royale, les catalogues sont exposés dans une vitrine spécialement conçue pour leur conservation. Ils ont également été numérisés en haute définition par la KBR afin d’en assurer la préservation tout en permettant leur consultation numérique.
Rédaction