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La reprise de la Galerie Bortier inquiète les bouquinistes : “Un manque cruel de communication et de sincérité”

Un nouvel avenir s’annonce pour la Galerie Bortier. Un repreneur va lui donner un second souffle. Quelques bouquinistes resteront, mais il y aura aussi des commerces de nourriture, un boulanger, un charcutier, un caviste… Un projet qui est loin de faire l’unanimité.

Elle est la galerie des bouquinistes depuis 1847, la Galerie Bortier a aujourd’hui trouvé repreneur : il s’agit de l’entrepreneur Thierry Goor. On lui doit l’implantation du concept de Food Market – à travers le WOLF et le FOX – dans la capitale. Un passé qui inquiète les défenseurs de la galerie.Il ne faut surtout pas s’inquiéter. Il n’a jamais été question d’un Food Market“, assure-t-il d’emblée. “C’est une galerie qui doit absolument revivre pour les Bruxellois et les touristes. C’est pourquoi nous voulons réintroduire des métiers de bouche.”

Charcutier, boulanger, ou encore pâtissier, viendront habiter ce couloir. Les bouquinistes craignent d’être mis dehors. L’échevine du Patrimoine public à la Ville de Bruxelles, Lydia Mutyebele Ngoy (PS), tente de les rassurer. “Si vous êtes locataire de la régie, vous restez locataire de la régie. Si vous êtes sous un contrat de bail, on ne peut pas rompre ce contrat. Notre volonté est que [les bouquinistes] restent locataires le plus longtemps possible.”

“Ils ont dynamité la galerie depuis longtemps”

Selon les bouquinistes, les conditions de renouvellement des baux sont inintéressantes et inappropriées. Alors, certains préfèrent mettre la clé sous la porte. “Les modalités dans lesquelles se produisent cette transition dénotent, sinon un défaut de compétence, en tout cas clairement un manque de communication, d’échange et de sincérité entre l’administration et les occupants de la galerie“, dénonce Nicolas Lambert, libraire.

Philippe est bouquiniste ici depuis près de 10 ans. Il dénonce une situation plus profonde qui existe depuis bien longtemps.Ils ont cette logique de ‘on va redynamiser’, alors qu’ils ont dynamité la galerie depuis longtemps. Ils ont précarisé tout le monde. Ils n’ont pas laissé les gens avoir des repreneurs puisqu’ils ne proposaient pas de bail. Maintenant, c’est le résultat : ils donnent la clé au privé.”

Le projet de réaménagement de la Galerie Bortier continue de diviser. Les travaux devraient débuter prochainement.

Reportage de Lisa Saint-Ghislain, Yannick Vangansbeek et Alexandre D’Haseleer et Paul Bourrières