La mafia albanaise renforce son emprise en Belgique
La mafia albanaise renforce son emprise en Belgique, révèle mercredi une enquête menée par Knack en collaboration avec Le Soir et la RTBF. Les journalistes ont examiné l’implication de criminels albanais dans des dossiers judiciaires belges entre 2020 et 2026.
Plus de 2.000 suspects de nationalité albanaise sont actuellement recherchés en Belgique dans le cadre d’enquêtes menées par la police judiciaire fédérale (PJF). Selon François Farcy, directeur de la PJF de Liège, cité dans l’article, le phénomène a considérablement évolué au cours des 25 dernières années.
Au début des années 2000, la mafia albanaise se livrait en effet à de petits cambriolages et à du trafic de cocaïne à échelle réduite, alors qu’elle est aujourd’hui active dans des trafics de stupéfiants de grande ampleur et dans le blanchiment d’argent. Frédéric Van Leeuw, procureur général de Bruxelles et président du Collège des procureurs généraux, explique que la mafia albanaise s’est principalement spécialisée dans les services logistiques. Elle fournit ainsi des services indispensables pour le transport de drogue et d’argent, l’installation de laboratoires et l’achat de produits chimiques. Selon les auteurs de l’enquête, la mafia albanaise opère de manière de plus en plus structurée et peut être comparée à la ‘Ndrangheta calabraise ou aux cartels mexicains.
L’argent issu des activités criminelles est le plus souvent rapatrié en Albanie, où il est investi dans la construction, l’immobilier et le tourisme. La PJF affirme que la mafia albanaise gangrène également l’économie légale en Belgique.
La police préfère d’ailleurs parler d'”organisations criminelles albanophones”, car celles-ci rassemblent aussi bien des Albanais que des Kosovars, des Monténégrins, des Macédoniens et d’autres. Toujours selon la PJF, la mafia albanaise est le plus souvent composée de clans unis par des liens familiaux, d’amitié ou de confiance.
Belga