Georges-Louis Bouchez sur le statut d’artiste : “La seule chose que l’on essaie de faire, c’est les sortir du chômage”

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Les travailleurs et travailleuses des arts craignent la suppression du statut d’artiste. Celui-ci leur permet actuellement de toucher le chômage quand ils sont, par exemple, en période creuse ou en phase de création.

La Fédération des employeurs des arts de la scène craint que le gouvernement fédéral envisage, via une réforme du chômage, de limiter dans le temps les allocations de chômage pour les travailleurs des arts. Cela va à l’encontre de l’accord gouvernemental qui garantit le maintien des exceptions pour cette catégorie de travailleurs intermittents et souvent précaires. Dans le secteur des arts de la scène en Fédération Wallonie-Bruxelles, des dizaines d’opérateurs culturels, plus de 10.000 emplois et 2,5 millions de spectateurs sont concernés. À l’échelon national, l’ensemble du secteur culturel représente près de 5% du PIB et plus de 200.000 emplois.

Un statut de travailleur spécifique

Ce mardi matin, Georges-Louis Bouchez a tenu à clarifier la position du MR. “Les choses sont très claires“, explique-t-il en rappelant que c’est le MR qui a instauré cette réforme en 2020. “Nous, on soutient la culture, on soutient les artistes“, affirme-t-il. “La seule chose que l’on essaie de faire, c’est les sortir du chômage. Aujourd’hui, on considère les artistes comme des demandeurs d’emploi un peu améliorés.

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Selon le président du MR, la réforme proposée par David Clarinval, ministre de l’Emploi, ne changerait rien pour les artistes. Ils garderaient les mêmes droits et les mêmes conditions. “Si on les maintient au niveau du chômage, il y a un vrai risque juridique“, poursuit-il en estimant que la différence de traitement pourrait amener des annulations de la réforme. “On veut valoriser les artistes en considérant que ce sont des travailleurs à statut spécifique, et non pas des demandeurs d’emploi améliorés.”

Ce ne serait plus considéré comme du chômage, mais comme un statut de travailleur spécifique avec un complément amené par l’État“, développe le président du MR en précisant que les artistes auront “le même nombre de jours de travail pour se constituer les droits“.

Des moyens du côté du privé

Le complément, qui serait donc payé par l’État fédéral, sera apporté lors des périodes creuses ou de création, à savoir les moments où les artistes ne sont pas payés. Selon Georges-Louis Bouchez, il faudrait se pencher sur “pourquoi les répétitions ne sont jamais payées“. L’enjeu se situe, selon le président du MR, dans la rémunération insuffisante des travailleurs et travailleuses des arts. “On pourrait avoir moins d’activités, mais des activités mieux rémunérées.” “Il faut faire des choses qui permettent de mieux valoriser l’activité“, poursuit-il. “Il faut avoir un sens un peu plus économique“, continue-t-il en précisant que “tout ne doit pas toujours être rentable, mais il faut trouver un moyen d’optimiser nos revenus“. “Trouvons des moyens complémentaires du côté du privé.”

Les partenaires sont ouverts

Le budget permettant d’apporter ce complément existe-t-il ? “On irait chercher la part de budget qui est actuellement dans le chômage pour la placer dans ce complément“, explique Georges-Louis Bouchez.

Le MR aura-t-il le soutien de ses partenaires de majorité, puisque Les Engagés s’opposent à l’heure actuelle au fait de toucher au statut d’artiste ? “Les partenaires sont ouverts, car tout le monde veut sortir les artistes du chômage.

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On va en discuter au sein du gouvernement, mais on ne peut pas garder le modèle actuel parce que cela va fragiliser la réforme“, continue le président du MR.

■  Georges-Louis Bouchez, président du MR, au micro de Fabrice Grosfilley

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01 avril 2025 - 12h19
Modifié le 01 avril 2025 - 12h19