Alors que la Région bruxelloise s’enlise dans des négociations interminables, Jonathan De Patoul plaide pour des décisions claires, tant sur la qualité de l’air que sur le budget 2026. Pour Défi, l’immobilisme politique devient un risque majeur. Il était l’invité de Bonjour Bruxelles.
À Bruxelles, les politiques de qualité de l’air se concentrent largement sur les automobilistes et le bâti. Pour Jonathan De Patoul (Défi), un acteur majeur reste pourtant en dehors du champ des contraintes : l’aviation. “On laisse Bruxelles être survolée par des poubelles volantes”, dénonce-t-il, alors que les avions les plus polluants continuent de survoler la capitale sans restriction comparable à celles imposées par la zone de basses émissions (LEZ).
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C’est donc dans ce sens, que DéFI a déposé une proposition de résolution visant à limiter le survol de Bruxelles par ces appareils, voire à les sanctionner, et à relancer le débat sur la fin des vols de nuit. Si les compétences relèvent en grande partie du fédéral et du gouvernement flamand, la Région bruxelloise dispose, selon l’élu, de leviers d’action. “Ce qu’on fait pour les voitures, pourquoi pas le faire pour les avions ? Il faut arrêter d’opposer l’économie à la santé publique”, insiste-t-il.
Sur le dossier sensible de la LEZ, Jonathan De Patoul confie ne pas vouloir détricoter ce système, qui porte ses fruits. “La qualité de l’air est meilleure à Bruxelles, il faut écouter la science”.
Ainsi, DéFI milite plutôt pour conserver des amendes dissuasives, mais plaide pour un cadre clair. “On ne peut pas recréer du flou”, regrette-t-il.
Au-delà des enjeux environnementaux, Jonathan De Patoul montre son inquiétude quant à la paralysie politique bruxelloise. À ses yeux, la priorité absolue reste l’adoption d’un budget régional 2026, alors que la Région fonctionne encore en douzièmes provisoires. “On ne peut pas continuer comme ça, ces budgets ne correspondent plus aux réalités actuelles”, prévient-il.
Le chef de groupe Défi appelle à une reprise du dialogue entre le PS et le MR. “Je ne sais pas si Georges-Louis Bouchez et Ahmed Laaouej peuvent encore se parler, mais il y a suffisamment de personnes compétentes pour reprendre contact. On n’a plus le choix”, tranche-t-il.
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Il évoque également le rôle du ministre du Budget, Dirk de Smedt (Anders) chargé de faire avancer le travail budgétaire malgré une récente rupture de confiance entre partenaires. “C’est à lui de remettre un budget sur la table et de recréer de la confiance”, estime-t-il.
Ouvert à explorer des scénarios de majorité alternatifs, y compris une union régionale, Jonathan De Patoul assure que Défi participera à la réunion citoyenne prévue dimanche. “Le fait que les citoyens invitent oblige les politiques à y répondre et à mettre de l’eau dans son vin”, conclut-il.
■ Interview de Jonathan De Patoul, chef de groupe (Défi) au Parlement bruxellois au micro de Fabrice Grosfilley