Expulsion d’une famille, sans solution de relogement dans les Marolles

Le collectif Jacques der Biest s’est mobilisé ce matin devant un immeuble vide de la rue de la Porte Rouge n°12 pour dénoncer l’expulsion d’une famille et le manque de logement à Bruxelles.

Le bâtiment en question appartient à la Fabrique d’Eglise des Minimes. Et depuis plusieurs mois, il abrite des personnes précaires et sans logement. Cependant, ce matin, le collectif Jacques der Biest a annoncé qu’une famille avec cinq enfants venait de se faire expulser de cet immeuble vide, par un marchand de sommeil.

En 2021, la Fabrique d’Eglise des Minimes a accepté l’offre d’un promoteur privé pour racheter cinq immeubles dont celui où vivait la famille. Le CPAS avait également fait une offre, comme le rappel le collectif. “Le CPAS de la ville de Bruxelles avait proposé de racheter les cinq immeubles, presque au même prix que celui du promoteur et qui aurait pu créer des logements de transit et répondre au besoin de cette famille aujourd’hui.”

Aujourd’hui, le collectif demande à la Fabrique d’église de refuser cette vente et de signer un nouveau compris avec le CPAS de la Ville de Bruxelles, dans l’optique que ces logements restent abordables pour les familles vivant dans la précarité.

Contactée par la rédaction, la Fabrique estime avoir géré cette vente en “bon père de famille” et avoir laissé de nombreuses solutions sur la table du CPAS pour racheter ce bien. “Le CPAS a fait pas moins de trois offres d’achat, toujours plus élevées, dont la dernière a atteint le plafond de ce que la législation et les réglementations sur l’emploi des deniers publics autorise, et à chaque fois la Fabrique d’église est retournée vers le promoteur immobilier pour faire monter les enchères”, réagit le président du CPAS de la Ville de Bruxelles.

“Ce n’est pas que le CPAS n’a pas les moyens, mais il ne le peut tout simplement pas. Nous ne voulons pas alimenter la spéculation sur le logement, mais bien offrir des logements abordables à nos concitoyens moins fortunés. En laissant entendre le contraire et en mettant le CPAS en cause, la Fabrique d’Église induit délibérément le citoyen en erreur. Je suis outré”, conclut Khalid Zian, président du CPAS, qui ne décolère pas.

■ Un reportage de Marie-Noëlle Dinant et Frédéric De Henau avec Loic Rey.