Elections régionales : les 19 bourgmestres listent leurs priorités, dont un meilleur financement des zones de police

L’organisation des pouvoirs locaux bruxellois Brulocalis et la conférence des bourgmestres bruxellois ont présenté ce mercredi leur mémorandum commun en vue des prochaines élections. Elles y exigent notamment un meilleur financement des zones de police et une répartition plus équitable des compétences entre les communes et la Région.

Les 19 communes bruxelloises estiment notamment qu’elles devraient bénéficier d’un plus grand respect de la part des autorités fédérales et régionales. “Nous rappelons que le Conseil européen garantit l’autonomie locale. Il n’y a pas de démocratie sans ancrage local de la politique“, a ainsi souligné Olivier Maingain, le président de la conférence des bourgmestres de Bruxelles, au cours d’une conférence de presse.

Afin de sauvegarder le principe de subsidiarité et défendre la démocratie locale, les bourgmestres bruxellois plaident pour une répartition plus équitable des compétences entre la Région et les communes. Ils appellent aussi à un financement plus équitable alors que la situation financière de certaines communes laisse à désirer.

Selon les bourgmestres, cette situation découle principalement de l’accroissement des compétences des communes bruxelloises, sans que les moyens financiers ne suivent.

Manque de policiers

Il est donc urgent d’augmenter la dotation communale, affirment les bourgmestres qui souhaitent que la région ou le gouvernement fédéral prenne désormais entièrement en charge les coûts de pension des employés statutaires. “Les communes ont été soumises à une forte pression de la part de la région ou du niveau fédéral en raison des crises successives“, a ajouté M. Maingain.

Dans le collimateur des responsables locaux, la norme qui détermine les capacités de la police locale dans les communes. Cette dernière doit être adaptée aux normes modernes. “Nous sommes confrontés à un déficit de quelque 800 agents“, a indiqué Olivier Maingain.

Quant à l’éventuelle intégration des zones de police, les communes ne voient pas de solution pour l’instant. “La lutte contre la criminalité est déjà intégrée. Les six chefs des zones de police se voient régulièrement et travaillent bien ensemble“, a poursuivi le président de la conférence des bourgmestres.

La répartition des compétences intra-bruxelloises pourrait elle aussi être plus claire, ont admis les responsables. “Nous voulons une clarification des compétences locales. Les compétences en matière de propreté doivent par exemple revenir aux communes“, selon Olivier Maingain. La mobilité, elle, doit être définie dans ses grandes lignes par la Région mais les communes doivent être en charge de l’implantation locale car ce sont elles qui connaissent le mieux les quartiers.”

La Communauté de Bruxelles-Capitale

Par ailleurs, comme Bruxelles et ses environs sont de plus en plus confrontés à des problèmes transfrontaliers, les 19 bourgmestres bruxellois souhaitent également voir la mise en œuvre de la Communauté de Bruxelles-Capitale, une idée qui remonte à 2011. Son objectif: créer des liens de coopération avec les communes flamandes et wallonnes au sein d’une zone correspondant à l’ancienne province du Brabant.

L’idée n’a jamais été mise en œuvre, car la plupart des Flamands s’y sont opposés par crainte que Bruxelles fasse tache d’huile. “Il y a des années que nous discutons de la mise en œuvre de cette idée. Ce n’est pas facile à négocier. Concrètement, sur le terrain, nous voyons de plus en plus de coopération entre les communes de Bruxelles et les deux autres Régions“, a déclaré le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close. “Notre message est clair: nous sommes prêts à coopérer davantage et à mobiliser plus de ressources pour améliorer la qualité de vie de tous les habitants de Bruxelles et des communes environnantes“, a-t-il conclu.

■ Reportage d’Ameline Delvaux, Karim Fahim et Pierre Delmée