Ecolo veut rendre le commerce de restes humains illégal

Chambre Parlement fédéral Illustration - Belga Hatim Kaghat

Des cranes de personnes tuées durant la sanglante période de l’Etat Indépendant du Congo (1885-1908) ont été mis en vente mercredi soir à l’Hôtel de ventes Vanderkindere. 

Ecolo veut rendre le commerce de restes humains illégal, a-t-il fait savoir mercredi soir après les réactions suscitées par la mise en vente de trois crânes humains issus de la période coloniale.

L’Hôtel de ventes Vanderkindere, à Bruxelles, avait mis en vente trois crânes de personnes tuées durant la sanglante période de l’Etat Indépendant du Congo (1885-1908), issus d’une collection privée. Devant le tollé suscité par l’annonce, il a préféré retirer ceux-ci de la vente et a présenté ses excuses. “Nous ne cautionnons aucunement les souffrances et les humiliations subies par les peuples victimes de ces actes coloniaux“, a-t-il assuré. Les restes humains en question seront rapatriés, précise encore l’hôtel de ventes mercredi.

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“Possibilité de retour de ces dépouilles”

L’affaire se déroule alors que la commission parlementaire qui s’est penchée sur le passé colonial de la Belgique travaille sur ses recommandations. L’une d’elles évoque ce problème des restes humains issus de cette période. Une proposition de recommandation du président Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen) vise la “possibilité de retour de ces dépouilles” sur la base du projet Home mené par l’Africa Museum de Tervuren. Ce projet vise à identifier et restituer les nombreux restes humains en possession de cette institution publique fédérale.

Outre le soutien à une restitution par les collectionneurs privés qui seraient en possession de tels restes, les Verts veulent rendre ce type de commerce illégal. “Il m’est inconcevable que le commerce des restes humains soit légal aujourd’hui en Belgique. Les dépouilles, également celles des personnes tuées pendant la période coloniale, ont droit au respect absolu. On ne vend pas des cadavres. Ça doit changer“, a souligné la co-présidente Rajae Maouane dans un communiqué co-signé par le député Guillaume Defossé.

Lors de sa mission dans les anciennes colonies, la délégation de la commission parlementaire a évoqué cette question, notamment avec des étudiants de l’Université de Kinshasa. Selon le rapport fourni par les experts, la présence de restes humains dans l’ancienne métropole suscite “beaucoup d’émotion”. “Les restes humains ne sont pas seulement des pièces scientifiques mais aussi et surtout des éléments permettant de se relier aux ancêtres et en quelque sorte de restaurer l’âme congolaise, rwandaise et burundaise”, ont-ils écrit.

Belga, image d’illustration