Échec de la politique de maintien des classes moyennes à Bruxelles : des chercheurs proposent des ajustements

Schaerbeek Vue aérienne - Eglise Sainte-Marie - Belga Thierry Roge

Une nouvelle étude menée par l’ULB et l’Université Saint-Louis et publiée par Brussels Studies s’interroge sur les raisons de l’échec de la politique d’attraction des logements en Région bruxelloise. Celui-ci serait dû à une double d’erreur, de cible et de moyens.

La question de la “fuite” des classes moyennes vers les périphéries est au cœur des préoccupations politiques depuis la naissance de la Région de Bruxelles-Capitale en 1989.

Le bilan migratoire est structurellement négatif depuis des décennies et s’est même détérioré au cours des 15 dernières année, comme le montre le graphique ci-dessous.

Source : INS/Brussels Studies

Après 30 ans, le constat de l’échec des politiques visant à fixer les ménages moyens au sein de la RBC est patent“, soulèvent les auteurs de l’étude. Selon eux, cet échec de la part des politiques résulte à la fois d’une erreur dans la cible (les ménages moyens avec enfants) et de moyens (l’accent mis sur la propriété), niant la réalité de la ville comme espace de transition. L’acquisition de biens serait injustement privilégiée dans la politique de Bruxelles.

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Trois ajustements

Les auteurs de l’étude suggèrent donc d’ajuster la politique d’attractivité régionale selon trois principes : ne pas considérer la ville comme une zone de stabilisation et donc mieux prendre en compte les besoins en logements transitoires, ne plus se concentrer principalement sur les couples avec enfants et, enfin, encourager le marché locatif et la colocation.

V.d.T. – Photo : Belga