Débat sur le budget bruxellois : l’opposition dénonce un excès de déficit et les rivalités au sein de la majorité

Parlement bruxellois Covid-19 Vide - Belga Hatim Kaghat

L’opposition au parlement bruxellois a dénoncé jeudi la gestion des deniers de la Région-capitale par la majorité et une évolution déficitaire que la crise n’explique pas à elle seule. Lors de l’ouverture du débat budgétaire en plénière, elle n’a pas non plus manqué d’épingler les tensions des derniers mois au sein du gouvernement Vervoort.

Pour Alexia Bertrand (MR), sans parler du Covid, la Région bruxelloise est malade. Elle “présente plusieurs symptômes mais les remèdes administrés sont approximatifs“.

Les paramètres budgétaires de cette patiente de 32 ans, ne sont pas bons. Les symptômes se sont renforcés depuis 2016. La patiente est atteinte d’une forme de prodigalité excessive. Pourtant elle s’était engagée à maintenir une trajectoire budgétaire stable, qui garantisse un équilibre structurel sans que la charge fiscale globale n’augmente à l’égard des ménages bruxellois. Les derniers examens de sa santé budgétaires mettent en péril à moyen terme cette affirmation“, a imagé la cheffe du groupe MR.

Selon Mme Bertrand, la Région entamera l’année 2022 avec un solde budgétaire net – la différence entre les recettes et les dépenses en excluant les opérations relatives à la dette -,  de moins 1,728 milliard, qui se dégrade structurellement. Les déficits budgétaires ne s’expliquent pas seulement par les dépenses extraordinaires liées à la crise. Depuis 2016,  le déficit augmente de manière assumée par une croissance annuelle des dépenses plus élevée que les recettes. Pour elle, miser sur des “placebos budgétaires” n’améliorera pas structurellement cette détérioration.

La stratégie gagnante de l’agence régionale de gestion de la Dette ne suffit pas pour rassurer l’élue libérale qui se demande jusqu’à quand les investisseurs habituels conserveront leur confiance.

Sa collègue MR Viviane Teitelbaum a estimé que le budget de la Commission Communautaire Commune ne suffira pas à absorber les conséquences de la crise en matière de violence faite aux femmes, de santé et de pauvreté faute de transparence sur la ventilation de la provision prévue. Pour elle, les gouvernements bruxellois successifs portent une part de responsabilité dans l’aggravation des chiffres de la pauvreté.

Pour la N-VA, Gilles Verstraeten a également jugé le budget de la CoCom “opaque” en raison du manque de notes de politique justificatives des dépenses en matière de gestion de la pandémie.

La cheffe de groupe de la formation nationaliste flamande Cieltje Vanachter a jugé que le gouvernement Vervoort terminait 2021 comme il l’a commencé avec un budget “rouge foncé” de nombreux conflits internes: la menace de DéFi de quitter le gouvernement sur le dossier de la neutralité; les tentatives de formation d’une majorité alternative autour des chauffeurs Uber; l’impossibilité pour le ministre Clerfayt de trouver une majorité au sein du gouvernement pour l’abattage avec étourdissement.

Pour Françoise De Smedt (PTB),  il n’y a rien de neuf sous les nuages bruxellois: toujours autant d’enfants et de parents dans la pauvreté. Et ça ne date pas de la crise du Covid-19. Par contre, le gouvernement se lance “sans rougir dans l’austérité via 105 millions de coupes et 140 millions de reports d’investissements”. À ses yeux, il faut chercher des recettes supplémentaires chez ceux qui en ont les moyens, comme les multipropriétaires. Ceux-ci font grimper les loyers tandis que ce sont des logements chers qui fleurissent un peu partout. L’élue d’extrême gauche a notamment plaidé pour l’instauration d’une grille contraignante des loyers et pour la réalisation d’une étude sur le profil des bailleurs, à l’image de celle qui a révélé à Paris que les propriétaires de 5 logements ou plus détiennent 40% des logements.

Belga

Partager l'article

23 décembre 2021 - 14h27
Modifié le 23 décembre 2021 - 14h27