De fortes concentration de microplastiques relevées dans les eaux de la Senne et du canal
Une étude, coordonnée par la VUB et relayée par nos confrères du Soir, révèle des concentrations importantes de microplastiques dans les eaux bruxelloises.
Les microplastiques sont de minuscules morceaux de plastique qui mesurent généralement moins de 5 millimètres. Ils proviennent de l’immense quantité de plastique produite depuis les années 1950, estimée à quelque 8 milliards de tonnes, dont seulement 10% ont été recyclés. Le reste s’est éparpillé aux quatre coins de la planète, des océans aux cours d’eau, dans l’air et jusque dans nos aliments. Leur impact sur la santé humaine n’est pas encore connu mais les plastiques contiennent souvent des additifs qui peuvent être nuisibles pour les humains et les animaux. De plus, d’autres contaminants chimiques (métaux lourds) peuvent se fixer à la surface des plastiques.
Financée par Innoviris (l’organisme de soutien à la recherche de la Région bruxelloise), l’étude “Plastic City“ a pour objectif “d’estimer la contribution actuelle et future de la Région Bruxelles-Capitale en tant que source de microplastiques pour les cours d’eau et de déterminer quels sont les impacts environnementaux associés à cette contamination. Avec Plastic city, l’objectif est d’abord de construire des connaissances sur la situation actuelle d’un problème connu pour être global, mais clairement sous-étudié à l’échelle de villes entières, et jamais étudié dans le cas de la ville de Bruxelles”, peut-on lire sur le site de l’Université Libre de Bruxelles.
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Les chercheurs universitaires ont mesuré les quantités de microplastiques rejetés dans la Senne et le canal. Pour ce faire, ils ont effectué des prélèvements à quatre reprises en 2023 à l’entrée et à la sortie de la ville pour les deux cours d’eau ainsi qu’à l’entrée et la sortie de la station d’épuration nord. Ils ont trouvé des concentrations en microplastiques comprises entre 40 et 810 particules par m³ (avec une moyenne comprise entre 50 et 480) dans la Senne et 3 à 20 particules par m³ dans le canal. Les variations de concentration s’expliquent par les lacunes de notre système d’égouttages et la météo.
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En temps normal, les stations d’épurations de la ville filtrent efficacement les microplastiques, notamment la station sud qui est équipée d’un système de filtration membranaire. Dans cette station, 26.000 m² de membranes pourvues de trous invisibles à l’œil nu (diamètre 0,04 micron) filtrent l’eau avant son rejet dans la Senne et contribuent au traitement des microplastiques présents dans l’eau. Cependant, en cas d’averses importantes, la quantité d’eau qui s’engouffre dans les égouts devient supérieure à la capacité de traitement des stations d’épuration. Le surplus est alors rejeté dans la Senne sans avoir été filtré.
Recommandation scientifique
Pour diminuer la présence de ce polluant dans les eaux bruxelloises, les chercheurs recommandent d’équiper de filtres les machines à laver des bruxellois. En effet, il ressort de l’étude que plus de 45 % des microplastiques analysés ont la forme d’une fibre souvent composés de polyester ou de nylon. Ils préconisent également d’optimiser l’usage des bassins d’orage et la mise en place d’espaces verts pour favoriser l’infiltration de l’eau de pluie dans le sol. Ce qui diminuerait les quantités à traiter pour les stations d’épuration de la ville.
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